À quelques jours de la présentation du budget national 2027 par le ministre des Finances, le Dr Cassiel Ato Forson, l'organisation Gender Data Ghana (GDG) presse l'exécutif d'accroître ses investissements dans les secteurs de la santé et de la protection de l'enfance. Le think tank souligne que les engagements politiques doivent se traduire par des allocations budgétaires concrètes pour répondre aux vulnérabilités persistantes des populations les plus exposées.
Urgence sanitaire et souveraineté médicale
Le constat dressé par GDG sur le système de santé ghanéen est alarmant, marqué par des pénuries récurrentes de fournitures médicales et des infrastructures inadaptées. Avec un taux de mortalité maternelle estimé à 243 décès pour 100 000 naissances vivantes, le pays accuse un retard significatif sur les objectifs de développement durable fixés pour 2030. L'organisation préconise un renforcement des services de santé primaire et reproductive, tout en suggérant une stratégie de production locale des équipements médicaux essentiels. Cette mesure viserait non seulement à sécuriser l'approvisionnement national, mais aussi à stimuler l'emploi des jeunes.
Réforme des mécanismes de protection des mineurs
Les récentes allégations d'abus sexuels au sein de l'école technique secondaire d'Obuasi ont mis en lumière les failles des systèmes de protection actuels. Pour GDG, la sécurité des enfants ne peut reposer sur la simple bonne volonté institutionnelle. L'organisation recommande le déploiement d'agents de protection sociale formés et indépendants au sein des établissements scolaires. Ces professionnels, détachés de la hiérarchie du Service de l'éducation du Ghana, auraient pour mission de garantir que l'intérêt supérieur de l'enfant prime sur la réputation des institutions ou les intérêts des auteurs présumés d'abus.
Intégration du genre dans la planification budgétaire
Au-delà des secteurs sociaux, GDG appelle à une refonte de la méthodologie budgétaire nationale. L'organisation demande l'institutionnalisation d'évaluations d'impact sur le genre et les droits humains pour tous les grands projets d'infrastructure. Le think tank rappelle que des infrastructures défaillantes, comme un réseau routier en mauvais état, entravent directement l'accès des femmes aux soins d'urgence et aux marchés. En exigeant des indicateurs de dépenses mesurables et des rapports périodiques, GDG insiste sur le fait que l'égalité des genres et la protection sociale ne sont pas des variables d'ajustement, mais des piliers indispensables à la croissance économique durable et à la stabilité du pays.