Le Centre d’Études des Dynamiques Sociales (CEDYS) a publié un nouveau Policy Brief appelant le gouvernement tchadien à instaurer une amnistie afin de pérenniser le climat d’apaisement amorcé par la grâce présidentielle du 14 août 2026.
Un brief d’experts pour un contexte de réconciliation
Intitulé « Conforter l’apaisement du climat politique au Tchad », le Policy Brief n°05/26, diffusé en août 2026, rassemble les analyses de quatre chercheurs – Yamingué Betinbaye, Babouh Tih‑Kwada Elisabeth, Kimassa Mariam et Tasbé Djimadoumadji. Le document examine la portée de la grâce présidentielle accordée le 14 août, qui a libéré un nombre indéterminé de détenus liés à des affaires politiques, et en tire des recommandations concrètes pour transformer cet acte ponctuel en un processus de réconciliation durable.
Pourquoi une amnistie, selon le CEDYS ?
Les auteurs soulignent que la grâce, bien qu’importante, ne suffit pas à désamorcer les tensions sous‑jacentes entre les forces politiques et les groupes d’opposition. Ils avancent que l’instauration d’une amnistie élargie permettrait de : (i) offrir une sortie juridique aux acteurs politiques emprisonnés pour leurs positions, (ii) renforcer la confiance des partis dans le dialogue national, et (iii) prévenir une résurgence de violences ou de protestations. L’amnistie, envisagée comme un cadre légal encadré, serait conditionnée à la renonciation à toute action violente et à la participation à des mécanismes de dialogue.
Implications pour la stabilité du pays
Si le gouvernement accepte la proposition du CEDYS, l’amnistie pourrait contribuer à stabiliser le climat sécuritaire, essentiel pour la reprise économique et la mise en œuvre des réformes annoncées par le président. Un climat politique apaisé favoriserait également le retour des investisseurs et le renforcement des institutions publiques, deux leviers identifiés par le brief comme cruciaux pour la consolidation de la paix. En revanche, une mise en œuvre partielle ou perçue comme sélective risquerait d’alimenter le ressentiment et de fragiliser les avancées obtenues depuis la grâce du 14 août.
Prochaines étapes et suivi recommandé
Le CEDYS recommande au gouvernement de publier rapidement un cadre législatif détaillant les conditions de l’amnistie, tout en lançant un processus de consultation incluant les partis politiques, la société civile et les organisations de défense des droits humains. Le brief propose également la création d’un comité de suivi indépendant chargé d’évaluer l’impact de l’amnistie sur la réconciliation nationale et d’ajuster les mesures en fonction des retours du terrain. Ces actions, selon les chercheurs, constitueraient des jalons essentiels pour transformer la grâce présidentielle en un véritable pacte de paix.