La société civile du territoire de Djugu, en Ituri, tire la sonnette d'alarme face à une carence persistante en forces de l'ordre dans plusieurs localités. Cette absence de présence policière, couplée à un manque criant de moyens logistiques, fragilise la protection des civils, notamment des milliers de personnes déplacées en phase de retour.
Un maillage sécuritaire défaillant
Le constat dressé par les acteurs de la société civile est sans appel : de nombreux villages, dont Tse, Logo Takpa, Joo et Kparnganza, ne disposent d'aucune unité de police pour assurer la sécurité des habitants. Cette situation est particulièrement critique à Bule, où plus de 50 000 déplacés tentent de regagner leurs foyers dans un environnement dépourvu de protection étatique. Au total, ce sont plus de 60 sites de déplacés à travers le territoire de Djugu qui se retrouvent exposés, sans présence policière pour garantir leur quiétude.
Des capacités opérationnelles limitées
Au-delà du déficit de déploiement, les zones où des agents sont effectivement présents font face à des obstacles logistiques majeurs. Le manque de moyens de déplacement et d'équipements adaptés entrave gravement la capacité des forces de l'ordre à mener des patrouilles régulières ou à intervenir rapidement en cas de besoin. Charité Banza, membre de la société civile, souligne l'incohérence entre les missions de protection attendues et les ressources réellement allouées aux agents sur le terrain.
L'impératif de protection des populations vulnérables
Face à ces critiques, le commissaire divisionnaire Ngoy Sengelwa a réaffirmé l'engagement de la police envers les personnes vulnérables, incluant les victimes de violences, les enfants exposés au recrutement forcé et les déplacés. Le responsable policier a lancé un appel aux partenaires techniques et financiers pour qu'ils appuient les efforts du gouvernement dans le renforcement des capacités opérationnelles des forces de sécurité. Cette problématique ne se limite pas à Djugu : les territoires voisins de Mambasa et d'Irumu signalent des difficultés similaires, illustrant un besoin urgent de redéploiement et de dotation en ressources pour stabiliser ces zones de l'Ituri.