Un officier nigérien affirme que le Tchad aurait joué un rôle dans la tentative de renversement du pouvoir à Niamey fin août 2026, une révélation qui pourrait aggraver les tensions déjà vives entre les deux pays.
Un témoignage accablant depuis le Camp Bagaji
Le capitaine Roger Gabriel, officier au 1er Bataillon parachutiste et commandant de compagnie basé au Camp Bagaji, a livré le 1er septembre 2026 un récit détaillé des événements survenus dans la nuit du 28 au 29 août à Niamey. Selon lui, des éléments tchadiens auraient participé à la tentative de coup d'État visant la base 101, un bastion stratégique de l'armée nigérienne. Ses déclarations, diffusées sur la télévision nationale Sahel, s'appuient sur des observations directes et des informations recueillies auprès de militaires impliqués.
Des accusations qui s'ajoutent à un climat déjà tendu
Cette révélation intervient dans un contexte de relations bilatérales particulièrement dégradées entre le Niger et le Tchad. Depuis le renversement du président nigérien en juillet 2023, les deux pays ont multiplié les tensions, notamment sur les questions de sécurité transfrontalière et de coopération militaire. Niamey a déjà accusé N'Djamena de soutenir des groupes armés opérant dans la région, une allégation que le Tchad dément systématiquement. L'implication présumée de militaires tchadiens dans une tentative de déstabilisation interne au Niger pourrait donc envenimer davantage les relations entre les deux États.
Quelles conséquences pour la stabilité du Sahel ?
Si ces accusations se confirment, elles risquent de fragiliser davantage la sécurité dans une zone déjà minée par les coups d'État et les conflits armés. La Communauté économique des États de l'Afrique de l'Ouest (CEDEAO) et l'Union africaine pourraient être contraintes d'intervenir pour éviter une escalade régionale. Par ailleurs, cette affaire pourrait aussi affaiblir la lutte contre le terrorisme dans le Sahel, où le Niger et le Tchad collaborent étroitement au sein du G5 Sahel. Une remise en cause de cette coopération aurait des répercussions immédiates sur la stabilité de la région.
Une enquête en cours et des zones d'ombre persistantes
Pour l'heure, aucune preuve formelle n'a été rendue publique pour étayer les déclarations du capitaine Gabriel. Les autorités tchadiennes n'ont pas encore réagi officiellement à ces accusations, tandis que Niamey a annoncé l'ouverture d'une enquête. Les prochains jours seront déterminants pour savoir si cette affaire s'inscrit dans une stratégie de déstabilisation plus large ou si elle relève d'initiatives isolées au sein des armées des deux pays.