Le Tchad a intensifié sa participation à la mission internationale de sécurisation en Haïti en dépêchant un nouveau contingent de 350 militaires. Ce renfort, arrivé en renfort de la Force de répression des gangs (FRG), a été officiellement salué par les États-Unis, qui y voient une marque de leadership et un pilier de la coopération sécuritaire multilatérale dans la région.
Un déploiement stratégique pour la FRG
Partis de N’Djamena le 18 septembre, les 350 soldats tchadiens ont rejoint les effectifs déjà présents sur le terrain depuis le lancement opérationnel de la FRG en avril dernier. Cette force, autorisée par la résolution 2793 du Conseil de sécurité des Nations unies, a débuté ses opérations le 1er juin 2026. Avec un effectif initial de 1 083 personnes recensé en juillet, l'arrivée de ces nouveaux militaires accroît significativement les capacités opérationnelles de la mission, qui collabore étroitement avec les forces de sécurité haïtiennes pour reprendre le contrôle de Port-au-Prince.
L'emprise des coalitions criminelles
La situation sécuritaire en Haïti s'est gravement détériorée à la suite de l'assassinat du président Jovenel Moïse en 2021, créant un vide institutionnel dont ont tiré profit les groupes armés. La fusion des factions G9 et G-Pèp au sein de la coalition Viv Ansanm en 2023 a marqué un tournant, permettant des offensives coordonnées contre des infrastructures critiques, incluant l'aéroport et des bâtiments publics, ce qui a précipité le départ de l'ancien Premier ministre Ariel Henry. En 2025, les Nations unies estimaient que ces groupes contrôlaient environ 90 % de la capitale haïtienne.
Des défis sécuritaires persistants
Malgré les efforts de la FRG, la violence demeure à un niveau critique. Entre avril et juin 2026, le Bureau intégré des Nations unies en Haïti a documenté plus de 2 000 victimes, entre morts et blessés. Si le secrétaire général de l'ONU a noté des avancées symboliques, comme le retour du Conseil des ministres au Palais national, la menace s'étend désormais au-delà de la capitale. Une attaque meurtrière à Kenscoff fin août, ayant causé au moins 47 décès, illustre la capacité des groupes armés à projeter leur violence vers de nouvelles zones, soulignant l'ampleur de la tâche qui attend les forces internationales et locales.