Le gouvernement tchadien a lancé une offensive diplomatique et économique à Paris, sous l'égide du MEDEF International, pour attirer les capitaux français vers son ambitieux programme « Tchad Connexion 2030 ». Avec un objectif de mobilisation de 30 milliards de dollars, N’Djamena cherche à diversifier ses partenariats au-delà du traditionnel prisme sécuritaire pour engager une transformation structurelle profonde du pays.
Un catalogue de 268 projets pour une transformation structurelle
Le plan « Tchad Connexion 2030 », porté par le président Mahamat Idriss Déby Itno, se décline en 17 programmes stratégiques visant à moderniser le pays. Ce vaste chantier comprend 268 projets, dont 133 réformes structurelles, touchant des secteurs aussi variés que l'énergie, l'agriculture, le numérique, la santé et l'éducation. L'ambition affichée par les autorités est de taille : accroître le PIB national de 60 % et sortir 2,5 millions de citoyens de la pauvreté, en misant sur des partenariats public-privé pour financer ces infrastructures essentielles.
Vers un rééquilibrage de la coopération bilatérale
Historiquement marquée par une forte composante militaire et sécuritaire, la relation entre le Tchad et la France amorce un tournant économique. À la suite de la visite de travail du président tchadien à Paris en janvier 2026, les deux nations cherchent à renforcer leurs liens dans des domaines où l'expertise française est reconnue, notamment l'hydraulique, l'assainissement, les mines et les hydrocarbures. Ce rapprochement vise à soutenir une croissance durable, en déplaçant le curseur de la coopération vers des secteurs générateurs d'emplois et de services publics.
Le défi de la crédibilité et de l'exécution
Au-delà de l'annonce des 30 milliards de dollars, le succès de cette initiative dépendra de la capacité du Tchad à transformer ces promesses en réalisations concrètes sur le terrain. La population, marquée par des décennies de programmes aux résultats mitigés, reste prudente face à ces annonces de grands projets. Pour les autorités, l'enjeu est désormais de garantir la transparence, la sécurité juridique des investissements et une gouvernance rigoureuse. La crédibilité de N’Djamena sera jugée sur sa capacité à transformer ces projets en infrastructures opérationnelles, telles que des routes, des réseaux électriques et des établissements de santé, plutôt que sur la simple présentation de catalogues de développement.