Le gouvernement tchadien, en collaboration avec l'Union européenne et l'organisation African Parks, a réaffirmé sa volonté de transformer la gestion des aires protégées en un moteur de croissance économique. Lors de la deuxième édition du Forum annuel des acteurs de la cogestion des aires protégées (FAGAP), les autorités ont souligné l'importance de passer d'une protection stricte à une gestion intégrée du territoire pour répondre aux défis climatiques et sociaux.
Une stratégie de cogestion sur quatre décennies
La coopération entre le Tchad et l'Union européenne, qui s'étend sur près de 40 ans, a permis de structurer un réseau de sept sites majeurs, incluant notamment le Parc national de Zakouma, la réserve de l'Ennedi et le paysage Aouk. Cette collaboration a évolué vers une approche de cogestion où l'État, les collectivités locales et des partenaires privés collaborent pour sécuriser ces espaces. Désormais, les programmes européens comme Natura Tchad et Nature Africa allouent environ 40 % de leurs budgets au développement local, intégrant ainsi les populations riveraines au cœur de la stratégie de conservation.
Des infrastructures écologiques au service de l'économie
Au-delà de la préservation de la faune, les aires protégées sont présentées comme des infrastructures vitales pour la résilience climatique du pays. Elles jouent un rôle crucial dans la régulation du climat local, la protection des sols et la sécurisation des ressources en eau. Le ministre de l'Environnement, Hassan Bakhit Djamous, a mis en avant les retombées concrètes de cette gestion : la réduction du braconnage, la création d'emplois dans l'écotourisme et l'artisanat, ainsi que le financement d'infrastructures sociales pour les communautés locales.
Vers une diversification des financements
Malgré ces progrès, le forum a mis en lumière la nécessité de dépasser la dépendance à l'aide extérieure. Les participants ont identifié des pistes de financement innovantes, telles que les crédits carbone et les unités de nature vérifiable, actuellement testées par African Parks dans le Parc national de Zakouma. Ces mécanismes visent à assurer la pérennité financière des parcs tout en répondant aux pressions croissantes sur les ressources naturelles et aux conflits hommes-faune.
Un appel à l'engagement national
Le succès de cette vision repose sur une mobilisation intergénérationnelle. L'appel lancé aux autorités administratives, aux collectivités territoriales et aux jeunes vise à ancrer la conservation dans les plans de développement locaux. L'objectif est de faire des métiers liés à la biodiversité et au tourisme des piliers de l'émergence économique du Tchad, garantissant ainsi que la préservation des écosystèmes serve directement les intérêts des générations futures.