Le gouvernement tchadien a interdit par arrêté ministériel une marche pacifique que les Organisations des diplômés comptaient organiser le 9 septembre prochain. Les autorités justifient cette décision par le non-respect des procédures légales et un risque élevé de troubles à l'ordre public, exposant les organisateurs à des poursuites judiciaires.
Une interdiction publiée deux semaines avant la manifestation
Par un arrêté daté du 1er septembre 2026, le ministère de la Sécurité publique et de l'Immigration a formellement interdit la marche « dite pacifique » des Organisations des diplômés, qui devait se tenir le 9 septembre sur l'ensemble du territoire national. Cette décision survient après l'examen de la demande d'autorisation enregistrée par les services compétents, indiquant que les organisateurs n'ont pas satisfait aux exigences administratives requises.
Des fondements juridiques invoqués par les autorités
Le ministère a motivé son arrêté par deux motifs principaux. Premièrement, les organisateurs n'auraient pas respecté les dispositions de l'article 6, alinéas 1er et 4, de l'ordonnance du 1er août 2023 relative aux manifestations sur la voie publique. Cette réglementation définit les conditions dans lesquelles les rassemblements publics doivent être déclarés et autorisés. Deuxièmement, les autorités évoquent l'existence d'un risque avéré de trouble à l'ordre public, sans préciser la nature de cette menace.
Des sanctions pénales предупреждение pour les organisateurs
L'arrêté précise que le non-respect de cette interdiction engage directement la responsabilité des organisateurs devant les juridictions compétentes de la République. En cas de maintien de la manifestation, ils s'exposent à des poursuites pour tout débordement : casses, effractions ou infractions constatées le jour prévu. Cette mise en garde vise à décourager toute tentative de tenues de la marche malgré l'interdiction.
Plusieurs responsables sécuritaires chargés de l'application
La mise en œuvre de cette mesure a été confiée conjointement à plusieurs responsables : le Directeur général de la Police nationale, le Directeur général de la Gendarmerie nationale, le Commandant de la Garde nationale et nomade du Tchad, ainsi que la Déléguée générale du gouvernement auprès de la commune de N'Djaména. Cette coordination entre forces de sécurité souligne l'importance accordée par les autorités à l'application stricte de cet arrêté.
Une restriction qui pose la question des libertés publiques
Cette interdiction intervient dans un contexte où le droit de manifester pacifiquement constitue un libertés fondamentale reconnu. Le gouvernement invoque des motifs de sécurité et de conformité réglementaire pour justifier sa décision. Les Organizations de diplômés, qui avaient appelé à cette marche, devront désormais trouver d'autres moyens d'exprimer leurs doléances, alors que les tensions autour du droit de réunion restent vives dans le pays.