Le Tchad face au défi de la crédibilité économique pour attirer les investisseurs internationaux

Par Rédaction KUMBA 3 min de lecture 17 lectures
Le Tchad face au défi de la crédibilité économique pour attirer les investisseurs internationaux

Le gouvernement tchadien a récemment multiplié les initiatives à Paris pour présenter ses opportunités économiques et attirer les capitaux étrangers. Si le plan « Tchad Connexion 2030 » affiche des ambitions de développement structurantes, la réalité opérationnelle sur le terrain, marquée par des carences énergétiques persistantes, interroge la capacité du pays à transformer ces promesses en un climat des affaires pérenne.

Le paradoxe de l'attractivité face aux infrastructures

Lors d'une rencontre organisée le 25 septembre dans les salons Hoche à Paris, la délégation tchadienne, menée par le ministre d’État chargé des Finances et de l’Économie, Tahir Hamid Nguilin, a mis en avant la position stratégique du pays. Le programme « Tchad Connexion 2030 », qui décline 268 projets, constitue le socle de cette stratégie de séduction. Toutefois, pour les investisseurs, la viabilité d'un projet dépend moins des annonces que de la solidité de l'écosystème local, où l'accès aux services essentiels reste un frein majeur.

Le poids économique du déficit énergétique

L'accès à l'électricité demeure le test de crédibilité le plus immédiat pour le Tchad. Avec un taux d'accès à l'électricité de seulement 13,4 % en 2024, les entreprises locales subissent des surcoûts structurels importants. Selon les données de la Banque mondiale, plus de 70 % des entreprises font face à des coupures régulières, contraignant près de 68 % d'entre elles à s'équiper de groupes électrogènes. Ces interruptions de service se traduisent par une perte estimée à 9,8 % du chiffre d'affaires, un manque à gagner qui pèse lourdement sur la compétitivité du secteur privé.

Réformes et impératifs de gouvernance

Au-delà de l'énergie, le Fonds monétaire international (FMI) insiste sur la nécessité d'une transformation profonde de l'environnement des affaires. Le programme de 625 millions de dollars approuvé en juillet 2025 vise précisément à assainir la gouvernance, à formaliser l'économie et à réduire la dépendance aux recettes pétrolières. L'enjeu est de passer d'une économie de rente à un modèle diversifié, capable de sécuriser les capitaux étrangers sur le long terme.

Les perspectives de croissance face à l'épreuve du réel

Malgré les défis, le FMI anticipe une croissance réelle de 5,2 % pour 2026, témoignant d'un potentiel économique réel. La réussite de cette dynamique dépendra toutefois de la capacité du gouvernement à matérialiser les infrastructures promises. Pour les investisseurs, la réussite des entreprises déjà implantées reste le meilleur indicateur de confiance. Le forum de Paris pourrait ainsi marquer un tournant s'il parvient à définir des engagements concrets sur les délais de réalisation des infrastructures et la sécurisation juridique des investissements.

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