Le taux moyen de remplissage des barrages du Royaume s’établit à 67,15 % au 1ᵉʳ septembre 2026, contre 33,51 % à la même date en 2025, soit une quasi‑doublure en douze mois. Cette progression s’inscrit dans un contexte de fortes chaleurs, mais reflète surtout l’impact des précipitations hivernales et printanières récentes.
Le Nord et le Centre portent la hausse nationale
Les réserves d’eau nationales s’élèvent désormais à 11,43 milliards de mètres cubes, soit près de 67 % de la capacité totale de 17,02 milliards. Quatre bassins hydrauliques majeurs affichent des niveaux supérieurs à 78 % : le Sebou (80,14 %), le Loukkos (79,18 %), le Tensift (78,85 %) et le Bouregreg (78,84 %). Cette dynamique résulte d’une combinaison de pluies abondantes et d’une gestion efficace des retenues dans ces régions historiquement plus favorisées.
L’Oum Er‑Rbia en tête de la progression
Le bassin de l’Oum Er‑Rbia montre la progression la plus spectaculaire, passant de 10,07 % en 2025 à 59,16 % en 2026, grâce notamment à la remontée des réserves du barrage Bin El Ouidane. Le barrage Sidi Driss, situé dans le même bassin, maintient un taux de remplissage de 100 % pour la deuxième année consécutive, soulignant la capacité de certains ouvrages à atteindre leur plein niveau même en période de chaleur extrême. Les bassins de la Moulouya et de Souss‑Massa enregistrent chacun une hausse d’environ 29 points de pourcentage.
Le Sud et l’Est restent sous‑approvisionnés
Malgré la moyenne nationale élevée, les bassins du Sud et du Sud‑Est affichent des niveaux bien en dessous du seuil des 50 %. Le bassin de Draâ Oua Noun plafonne à 32,33 %, avec une progression marginale de 3,5 points, la plus faible du pays. À l’inverse, le bassin Ziz‑Guir‑Ghris recule, passant de 47,22 % en 2025 à 39,28 % en 2026, accentuant la vulnérabilité hydrique de ces zones arides.
Enjeux pour la politique de l’eau au Maroc
Cette cartographie contrastée souligne le défi majeur auquel la politique nationale de l’eau doit faire face : rééquilibrer l’accès aux ressources entre les régions sur‑approvisionnées du Nord‑Centre et les zones du Sud‑Est où la pression sur les réserves augmente. Les autorités devront renforcer les stratégies de stockage, d’irrigation et de transfert inter‑bassins afin de garantir une résilience durable face aux épisodes de chaleur et aux variations climatiques.