Le contentieux administratif entourant la finale de la CAN 2025, remportée initialement sur le terrain par le Sénégal, se déplace désormais sur le terrain médiatique. Alors que le Tribunal arbitral du sport (TAS) doit rendre son verdict définitif le 8 octobre 2026, les prises de parole de Walid Regragui suscitent de vives tensions entre les instances sénégalaises et marocaines.
Une bataille d'influence avant le verdict du TAS
Le site sénégalais SeneNews a ouvertement critiqué les récentes interventions médiatiques de Walid Regragui, notamment sur Canal+. Selon cette lecture, l'ancien sélectionneur marocain chercherait à influencer l'opinion publique en faveur du Maroc, en multipliant les références à la finale et en critiquant le comportement de la sélection sénégalaise. Cette stratégie de communication est perçue par certains observateurs comme une tentative de peser sur le climat entourant la procédure judiciaire en cours à Lausanne.
Le déséquilibre des sanctions et des prises de parole
La controverse souligne également un déséquilibre dans l'exposition médiatique des acteurs clés. Tandis que Walid Regragui bénéficie d'une tribune sur des médias internationaux, Pape Thiaw, le sélectionneur sénégalais, demeure en retrait, contraint par une suspension de cinq rencontres officielles et une amende de 100 000 dollars infligées par la CAF. Les critiques sénégalaises rappellent par ailleurs les appels de Regragui aux supporters marocains avant la finale, jugés comme des facteurs ayant contribué à exacerber les tensions autour de la rencontre.
Un imbroglio juridique au sommet du football africain
Sur le plan sportif et administratif, la situation reste complexe. Si le Sénégal a remporté la finale 1-0 le 18 janvier 2026 à Rabat, la commission d'appel de la CAF a renversé ce résultat en mars 2026, déclarant le Sénégal perdant par forfait (3-0) en invoquant l'article 84 du règlement de la compétition. Cette décision, vivement contestée par la Fédération sénégalaise, a conduit à un recours devant le TAS. La crédibilité de la procédure est d'autant plus scrutée que le président de la CAF, Patrice Motsepe, a lui-même admis l'existence de failles dans le processus d'appel, notamment concernant la composition du jury. L'audience prévue le 8 octobre prochain à Lausanne sera déterminante pour clore ce dossier qui fragilise l'image de l'instance dirigeante du football continental.