Le Tribunal arbitral du sport (TAS) a ordonné la réouverture du dossier relatif à l'élection à la présidence de la Fédération sénégalaise de football (FSF) tenue en août 2025. Cette décision contraint la Commission de recours en matière électorale de la FSF à réexaminer les griefs soulevés par Mady Touré, tout en maintenant en l'état la légitimité du président actuel, Abdoulaye Fall.
Un renvoi pour vice de procédure
Saisi par Mady Touré, le TAS a estimé que la décision de la Commission de recours, qui avait déclaré la requête initiale irrecevable le 25 août 2025, était juridiquement infondée. Selon les arbitres de Lausanne, cette instance interne a violé le Code électoral de la fédération en refusant d'instruire le dossier. Le tribunal souligne qu'aucune mesure d'instruction n'ayant été menée, il ne dispose pas des éléments nécessaires pour trancher sur le fond des accusations d'irrégularités.
Les griefs de Mady Touré
Le litige trouve sa source dans l'Assemblée générale élective des 2 et 3 août 2025. Mady Touré, candidat à la présidence, avait quitté le processus électoral au second tour, dénonçant des manquements graves dans l'organisation du scrutin. Ses contestations portaient notamment sur les modalités de convocation des délégués, le contrôle des votants, le déroulement des débats et les conditions de dépouillement. Plus récemment, son camp a également évoqué des soupçons de corruption systémique, citant notamment des pratiques de photographies de bulletins dans l'isoloir.
Le maintien d'Abdoulaye Fall
Malgré l'intervention du TAS, la situation à la tête de la FSF reste inchangée. La décision rendue le 21 août 2026 ne prononce pas l'annulation de l'élection, ce qui permet à Abdoulaye Fall de conserver son poste de président pour son mandat de quatre ans. La Commission de recours de la FSF est désormais dans l'obligation de reprendre l'instruction du dossier en tenant compte des motifs juridiques avancés par le tribunal arbitral. Cette nouvelle étape judiciaire constitue un point de vigilance majeur pour la gouvernance du football sénégalais, alors que la transparence du processus électoral reste au cœur des débats.