Un lanceur d'alerte a révélé des failles critiques dans le nouveau système de gestion du vote par correspondance mis en place par l'USPS, l'opérateur postal américain. Ces dysfonctionnements techniques pourraient empêcher des millions d'électeurs de recevoir leur bulletin à temps pour les prochaines élections de mi-mandat.
Des failles informatiques au cœur du processus électoral
L'alerte, relayée par l'association Whistblower Aid, pointe du doigt une mise en œuvre précipitée et opaque de nouveaux outils informatiques. Ces systèmes ont été conçus pour répondre aux exigences d'un décret présidentiel de mars dernier, lequel impose une restriction stricte de la distribution des bulletins de vote. Désormais, seuls les électeurs figurant sur une liste fédérale consolidée par les services de l'immigration et de la Sécurité sociale seraient habilités à recevoir leur document électoral par voie postale.
Une mise en œuvre contestée par la justice
Le sénateur démocrate Richard Blumenthal a officiellement interpellé David Steiner, le chef de l'USPS nommé en 2025, pour exiger des explications sur ces procédures. Cette réforme est au centre d'un bras de fer judiciaire intense : une juge fédérale a récemment suspendu le décret, jugeant son application matériellement impossible à quelques semaines du scrutin du 3 novembre. Malgré cette décision, les inquiétudes persistent quant à la capacité de l'administration postale à garantir l'acheminement des bulletins dans les délais impartis.
L'enjeu du vote par correspondance aux États-Unis
Le vote par correspondance est devenu un sujet de polarisation politique majeur. En 2024, près d'un tiers de l'électorat américain a eu recours à cette modalité pour exprimer son suffrage. Donald Trump, qui conteste régulièrement la fiabilité de ce mode de scrutin, a fait de sa restriction un axe central de sa politique. Pour les observateurs, la situation actuelle soulève un risque réel d'exclusion d'une part significative de la population, alors que le système postal se retrouve pris en étau entre des injonctions politiques contradictoires et des contraintes logistiques majeures.