Le système judiciaire nigérian face au défi de la protection des mineurs en détention

Par Rédaction KUMBA 2 min de lecture 28 lectures
Le système judiciaire nigérian face au défi de la protection des mineurs en détention

Chaque année, environ 26 000 mineurs sont placés dans des centres de détention au Nigeria, une situation alarmante marquée par une absence quasi systématique de conseil juridique. Lors de la 66e conférence annuelle du Barreau nigérian, les autorités et les organisations internationales ont souligné l'échec des mécanismes actuels, appelant à une refonte profonde des pratiques judiciaires pour privilégier la réhabilitation.

Une défaillance systémique dès l'arrestation

Les chiffres présentés par la ministre des Affaires féminines et du Développement social, Imaan Sulaiman-Ibrahim, révèlent une réalité préoccupante : 74 % des mineurs incarcérés se trouvent en détention préventive, souvent sans accès à un avocat dès leur premier contact avec la police. La ministre a insisté sur le fait que le système judiciaire nigérian échoue dès les premières 48 heures suivant l'arrestation, transformant la détention en une réponse par défaut plutôt qu'en une mesure exceptionnelle.

Le levier de la déjudiciarisation

Face à ce constat, le débat s'est orienté vers le renforcement des mesures de « diversion », ou déjudiciarisation, prévues par le Child Rights Act. Ces alternatives, qui incluent la supervision, l'orientation et la réintégration communautaire, peinent pourtant à être appliquées sur le terrain. Ben Odoh, procureur général de l'État d'Ebonyi, a appelé ses homologues à adopter des politiques de poursuite harmonisées pour éviter que les mineurs ne soient systématiquement envoyés devant les tribunaux pour des délits mineurs.

Vers une protection effective des mineurs

Au-delà des textes législatifs, les acteurs de la protection de l'enfance, dont l'UNICEF, plaident pour une action concrète au sein des commissariats et des communautés. La ministre a formulé plusieurs recommandations majeures : l'augmentation de l'âge de la responsabilité pénale, actuellement fixé à sept ans, la création de tribunaux de la famille spécialisés et la mise en place de dispositifs d'assistance juridique d'urgence. Elle propose également la signature d'un pacte formel entre le ministère et le Barreau pour garantir qu'aucun enfant ne reste sans avocat lors de sa garde à vue.

Les obstacles structurels à lever

La fragilité du système est aggravée par des facteurs sociaux profonds, tels que le faible taux d'enregistrement des naissances, qui empêche de confirmer l'âge réel des prévenus et les expose à des procédures pour adultes. La mise en œuvre de ces réformes dépendra désormais de la capacité des autorités à transformer ces engagements en indicateurs de performance mesurables, afin de garantir que la protection des droits de l'enfant ne reste pas une simple déclaration d'intention.

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