Le système judiciaire camerounais face aux critiques sur l'éthique et la probité des magistrats

Par Rédaction KUMBA 2 min de lecture 30 lectures
Le système judiciaire camerounais face aux critiques sur l'éthique et la probité des magistrats

Le président de la Commission indépendante contre la corruption et la discrimination (COMICODI), Shanda Tonme, a récemment exprimé une vive inquiétude face aux dérives observées au sein de l'appareil judiciaire camerounais. Il pointe du doigt des pratiques de « libertinage judiciaire » qui, selon lui, fragilisent la confiance des citoyens envers l'État de droit et découragent l'investissement.

Des abus d'influence au cœur des procédures

Le constat dressé par Shanda Tonme met en lumière des cas concrets où des magistrats, occupant des fonctions stratégiques, utiliseraient leur influence pour entraver le cours normal de la justice. Il cite notamment des situations de litiges civils, comme des impayés de loyers, où l'intervention indue de magistrats permettrait à des débiteurs de se soustraire à leurs obligations légales. Ces pratiques, qualifiées de « divagation procédurière », se traduiraient par des renvois d'audiences injustifiés et des décisions rendues dans des conditions opaques, laissant les justiciables, qu'ils soient résidents ou membres de la diaspora, dans un sentiment d'impuissance totale.

L'éthique professionnelle au-delà des arguments structurels

Si la non-tenue du Conseil supérieur de la magistrature est souvent avancée pour expliquer les dysfonctionnements du système, Shanda Tonme rejette cet argument comme étant insuffisant. Pour lui, le problème est avant tout une question de conscience professionnelle et d'éthique individuelle. Il souligne que, malgré ces dérives, il existe au sein de la magistrature des professionnels intègres, capables de rendre des décisions équitables, citant en exemple récent la gestion du dossier de la Vraie Église de Dieu du Cameroun (VEDC).

Un enjeu majeur pour la stabilité nationale

L'alerte lancée par le président du MPDR dépasse le cadre des dossiers individuels pour toucher à la crédibilité même des institutions. En comparant la magistrature à d'autres secteurs régaliens comme les douanes ou les impôts, il rappelle que la justice constitue le socle de la stabilité d'une nation. Le maintien de ces pratiques de « marchands de tapis » au sein des tribunaux est perçu comme un frein au développement et à la cohésion sociale. L'appel à l'assainissement du corps judiciaire est ainsi présenté comme une nécessité urgente pour restaurer l'autorité de la loi et garantir aux citoyens une justice impartiale et prévisible.

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