Une enquête du syndicat Samu-Urgences de France (SUdF) met en lumière la fragilité extrême des services d'urgence durant l'été 2026. Entre pics de chaleur et afflux massif d'appels, les structures hospitalières ont dû faire face à des conditions de travail dégradées et à une saturation chronique des capacités d'accueil.
Une activité sous pression constante
L'été a été marqué par une hausse significative de la charge de travail pour les Samu-SAS, avec une augmentation des appels au « 15 » constatée par la quasi-totalité des services interrogés. Dans plus de la moitié des structures, cette hausse a dépassé les 20 %, atteignant même 50 % dans certains cas. Cette surcharge a été absorbée avec des effectifs restés quasi-constants, les renforts déployés étant jugés insuffisants et inégaux selon les territoires. La difficulté à mobiliser des moyens de transport, qu'il s'agisse d'ambulances privées ou de véhicules de pompiers, a également complexifié la prise en charge des patients.
Le goulot d'étranglement des lits d'hospitalisation
Au-delà de la gestion des appels, le principal obstacle identifié par les professionnels reste le manque de lits disponibles en aval des urgences. Cette carence structurelle entraîne une accumulation de « patients-brancards », contraints de rester dans les services faute de place en service d'hospitalisation. L'enquête révèle des délais d'attente alarmants : dans 32 structures, la durée d'attente maximale pour un patient a atteint ou dépassé 72 heures. Cette congestion a conduit 26 services à signaler le décès de patients pris en charge ou en attente sur des brancards, un indicateur que le syndicat appelle à investiguer davantage.
Des conditions d'accueil dégradées par la chaleur
Les épisodes caniculaires ont exacerbé la vulnérabilité des services, souvent mal équipés pour faire face aux fortes températures. Plus de la moitié des professionnels interrogés ont fait état d'une climatisation absente ou partielle dans leurs locaux. Dans certains établissements, le thermomètre a grimpé jusqu'à 38 °C, créant un environnement délétère tant pour le personnel que pour les patients. Ces conditions, couplées à la saturation des services, soulignent les défis majeurs auxquels est confronté le système hospitalier face aux aléas climatiques et à la tension permanente sur les ressources humaines et matérielles.