Le système éducatif ghanéen traverse une zone de turbulences après l'exclusion de près de 55 000 candidats du programme de placement dans les lycées publics (SHS) et les centres de formation technique (TVET). Cette situation, qui fait suite aux résultats du Basic Education Certificate Examination (BECE) 2026, soulève des inquiétudes croissantes sur les risques d'exclusion sociale et de déscolarisation précoce.
Un défi d'intégration pour 54 985 candidats
Sur les quelque 620 000 élèves ayant passé le BECE en 2026, 54 985 n'ont pas rempli les critères requis pour une admission automatique. Angel Carbonu, ancien président de l'Association nationale des enseignants diplômés (NAGRAT), alerte sur le devenir de ces jeunes. Selon lui, l'absence de solution immédiate pour ces élèves, issus pour une large part de milieux défavorisés, pourrait entraîner une augmentation significative du nombre de jeunes sans perspective d'avenir, livrés à eux-mêmes sur la voie publique.
La barrière des matières fondamentales
Le système de placement actuel repose sur une exigence stricte en mathématiques et en anglais, considérées comme les piliers de la littératie et de la numératie nécessaires au cycle secondaire. Si cette rigueur académique est justifiée par les autorités pour garantir le niveau des lycéens, elle devient un couperet pour des milliers d'adolescents. L'enjeu est désormais de savoir si cette politique de sélection ne sacrifie pas une partie de la jeunesse au nom d'une exigence académique déconnectée des réalités socio-économiques des familles les plus précaires.
Appel à une révision des politiques de rattrapage
Face à la saturation des centres de résolution des litiges, où parents et élèves expriment leur désarroi, des voix s'élèvent pour réclamer une réforme. Angel Carbonu préconise une approche plus inclusive, suggérant notamment d'offrir à ces candidats la possibilité de repasser les épreuves tout en restant intégrés dans le système scolaire de base. Cette mesure permettrait d'améliorer leurs résultats sans les exclure brutalement du parcours éducatif. La question reste entière : le gouvernement acceptera-t-il d'assouplir ses critères pour éviter une crise sociale à moyen terme ?