Dès la session de juin 2027, la maîtrise de la langue française deviendra un levier déterminant dans l'évaluation des élèves au brevet et au baccalauréat. Le ministère de l'Éducation nationale a officialisé l'instauration d'un retrait systématique de deux points sur les copies présentant des lacunes orthographiques ou syntaxiques, une mesure qui s'appliquera de manière transversale à toutes les disciplines.
Une exigence linguistique généralisée
La réforme impose une nouvelle grille d'évaluation commune à l'ensemble des matières, incluant les disciplines scientifiques comme les mathématiques. Ces deux points, désormais dédiés à la qualité de l'expression, sanctionneront les erreurs récurrentes et le manque de précision lexicale. Au-delà de la simple orthographe, cette notation vise à évaluer la capacité des élèves à structurer un raisonnement clair et à employer un vocabulaire adapté. Pour les épreuves à forte dimension rédactionnelle, le ministère va plus loin : une copie jugée défaillante sur la maîtrise de la langue ne pourra plus obtenir la moyenne.
Des grilles d'évaluation sous surveillance
Pour harmoniser les pratiques des correcteurs, des outils d'évaluation gradués ont été publiés. Ils classent la qualité rédactionnelle sur une échelle allant de « très insuffisant » à « très satisfaisant ». Cette standardisation vise à rendre la notation plus rigoureuse, en s'appuyant sur des critères objectifs de syntaxe et de grammaire. Le ministre de l'Éducation nationale, Edouard Geffray, justifie cette orientation par la nécessité de renforcer les compétences fondamentales des élèves avant leur entrée dans l'enseignement supérieur ou la vie active.
Les réserves du corps enseignant
Cette annonce suscite des critiques au sein de la communauté éducative. Le Snes-FSU, principal syndicat du secteur, qualifie cette réforme de mesure cosmétique. Selon Sophie Vénétitay, secrétaire générale du syndicat, la priorité devrait être donnée aux moyens pédagogiques et au temps de travail sur le long terme plutôt qu'à une sanction ponctuelle lors des examens. Le syndicat s'inquiète également de la complexité de mise en œuvre de ces grilles, qu'il juge difficilement applicables et potentiellement inopérantes sur le terrain.