Dans une tribune publiée sur Burkina24, le professeur d’anglais et doctorant en éducation Inoussa Malgoubri interroge la pertinence d’un système scolaire qui, dès 17 ans, enferme les jeunes dans des filières déterminées, au détriment d’une reconnaissance accrue de l’expérience professionnelle.
Un diplôme trop décisif dès l’adolescence
Selon Malgoubri, le diplôme obtenu à la fin du lycée continue de conditionner les choix d’études supérieures plusieurs années plus tard. Cette logique, héritée d’un modèle éducatif figé, ne tient pas compte des évolutions rapides du marché du travail ni des compétences acquises en dehors des salles de classe. Le constat est que de nombreux jeunes, pourtant motivés, se voient refuser l’accès à des programmes universitaires parce que leur parcours scolaire ne correspond pas aux critères stricts des établissements.
L’expérience professionnelle comme levier d’accès
L’auteur plaide pour une réévaluation du poids accordé à l’expérience professionnelle dans les procédures d’admission. Il souligne que les stages, les apprentissages ou les emplois précoces offrent des compétences concrètes, souvent plus alignées avec les besoins des entreprises que les seules connaissances théoriques. En intégrant ces expériences dans les dossiers de candidature, les institutions pourraient élargir leurs critères de sélection et offrir une seconde chance à ceux qui n’ont pas suivi le parcours académique traditionnel.
Enjeux pour les politiques publiques burkinabées
Cette réflexion s’inscrit dans un débat plus large sur la modernisation du système éducatif au Burkina Faso. Les décideurs sont appelés à envisager des réformes qui flexibilisent les parcours, comme la mise en place de passerelles entre formation professionnelle et enseignement supérieur, ou la création de dispositifs de validation des acquis de l’expérience (VAE). De telles mesures pourraient contribuer à réduire le décrochage scolaire, à répondre aux besoins de main‑d’œuvre qualifiée et à soutenir la compétitivité du pays sur le plan régional.
Perspectives d’une transformation inclusive
Si les propositions de Malgoubri sont adoptées, le système éducatif burkinabé gagnerait en adaptabilité. Les jeunes bénéficieraient d’un éventail plus large d’options de formation, tandis que les employeurs pourraient accéder à un vivier de talents dont les compétences sont déjà éprouvées sur le terrain. L’enjeu est donc de concilier rigueur académique et reconnaissance des parcours alternatifs, afin que le système n’« ferme » plus de portes qu’il n’en ouvre.