Le système de protection sociale marocain franchit une étape majeure avec plus de 25 millions de bénéficiaires de l'Assurance Maladie Obligatoire (AMO) en 2025. Cette extension de la couverture s'accompagne toutefois d'un déséquilibre financier marqué, poussant la Caisse Nationale de Sécurité Sociale (CNSS) à intensifier ses efforts de contrôle et de modernisation.
Une couverture élargie sous tension financière
L'année 2025 marque une progression de 3 % du nombre de bénéficiaires de l'AMO, atteignant 25,08 millions de personnes. Cette dynamique d'inclusion, portée par les régimes des salariés, des non-salariés, ainsi que par les dispositifs AMO TADAMON et AMO ACHAMIL, se traduit par un volume de prestations servies s'élevant à 22,65 milliards de dirhams, soit une augmentation de 17 %. Cependant, cette expansion fragilise l'équilibre du système : le ratio prestations sur cotisations a atteint 157 % en 2025, marquant une dégradation de 25 points par rapport à l'exercice précédent. Ce déficit structurel impose désormais une réflexion urgente sur la pérennité du modèle.
Lutte contre la fraude et optimisation du recouvrement
Face à ce déséquilibre, la CNSS a musclé ses opérations de contrôle. En 2025, l'institution a mené 10 411 missions d'inspection, une hausse de 22 % sur un an. Ces interventions ont permis de régulariser la situation de plus de 151 000 salariés et de recouvrer 5,25 milliards de dirhams, en progression de 10 %. Parallèlement, le régime général affiche une santé opérationnelle solide, avec 4,24 millions de salariés déclarés et une masse salariale en hausse de 10 %, atteignant 244,84 milliards de dirhams.
Cap sur la transformation digitale et la gestion hospitalière
Pour accompagner ses nouvelles missions, le Conseil d'administration de la CNSS a validé des orientations stratégiques majeures. Celles-ci incluent le renforcement de la sécurité des systèmes d'information et la création de deux filiales spécialisées. La première sera dédiée à l'accélération de la transformation digitale de l'organisme, tandis que la seconde se concentrera sur la gestion des polycliniques de la Caisse. Ces décisions visent à améliorer l'efficience opérationnelle tout en préparant le budget et le plan d'action pour l'exercice 2026, dans un contexte où l'amélioration du recouvrement des cotisations demeure une priorité absolue pour stabiliser le régime.