Le système de prépaiement Woyofal, qui équipe plus de 1,6 million d'abonnés de la Senelec, fait l'objet d'une procédure inédite devant la Commission de régulation du secteur de l'énergie (CRSE). En s'appuyant sur la loi relative à l'accès à l'information, le collectif citoyen #30JoursPourLeJustePrix exige une clarification sur la structure tarifaire et la gestion technique de ce dispositif, pointant du doigt une opacité jugée préjudiciable aux usagers.
Un volume de réclamations significatif
La démarche du collectif s'appuie sur des données de la Senelec arrêtées au 31 août 2023, recensant 34 099 réclamations pour 1 634 000 clients. Ces plaintes révèlent des difficultés structurelles : 24 % concernent des problèmes de recharge ou de clavier, 21 % des blocages de compteurs et 18 % des interrogations sur le fonctionnement des compteurs intelligents. Ces trois catégories totalisent près des deux tiers des signalements, illustrant une insatisfaction persistante des abonnés face à la fiabilité du service.
Cinq points de blocage identifiés
Le collectif a soumis cinq questions précises à la CRSE pour lever les zones d'ombre entourant le système. Les demandes portent sur la méthode de calcul des kilowattheures, le détail des taxes et redevances appliquées, ainsi que sur l'équité tarifaire entre les utilisateurs de compteurs prépayés et ceux des compteurs classiques. Une attention particulière est portée aux variations inexpliquées du nombre de kilowattheures obtenus pour un montant de recharge identique, ainsi qu'à la responsabilité financière en cas de panne du matériel, souvent facturée aux usagers.
Un test pour la loi sur l'accès à l'information
La saisine, réceptionnée le 1er septembre, constitue un test grandeur nature pour la loi n° 2025-15 du 4 septembre 2025. En invoquant ce texte récent, le collectif cherche à contraindre le régulateur à fournir des réponses documentées. Si la CRSE valide les arguments des usagers, cette procédure pourrait entraîner une révision profonde des pratiques de facturation et de maintenance de la Senelec. La décision du régulateur est désormais attendue avec intérêt, car elle pourrait redéfinir les obligations de transparence dans le secteur de l'énergie au Sénégal.