Face aux tensions récurrentes entourant le système de placement dans les lycées au Ghana, Ben Boakye, directeur exécutif de l'Africa Centre for Energy Policy (ACEP), exhorte les autorités à dépasser la logique de catégorisation des établissements. Pour l'expert, l'enjeu national ne réside pas dans la sélection compétitive des écoles, mais dans l'homogénéisation de la qualité de l'enseignement sur l'ensemble du territoire.
Dépasser la segmentation des établissements
Le débat actuel sur le système de placement informatisé (CSSPS) se cristallise trop souvent sur la distinction entre les écoles classées A, B ou C. Selon Ben Boakye, cette classification institutionnalise des disparités qui ne servent pas l'intérêt général. Il souligne l'incohérence d'une politique qui maintient des hiérarchies rigides sans investir de manière équitable dans les infrastructures et les ressources pédagogiques de chaque lycée. L'objectif prioritaire de l'État devrait être de garantir que chaque établissement soit en mesure de former des citoyens productifs, indépendamment de sa réputation historique.
Valoriser le corps enseignant et le suivi
La clé de cette transformation réside, selon l'ACEP, dans la capacité des enseignants à délivrer un savoir de qualité partout dans le pays. La majorité des professeurs étant diplômés, le défi est davantage celui de l'encadrement et du suivi opérationnel. Ben Boakye préconise une gestion axée sur la performance réelle des écoles, où le gouvernement s'assure que les moyens humains et matériels sont déployés pour répondre aux besoins des élèves, plutôt que de se limiter à une gestion administrative des flux d'inscriptions.
Repenser l'évaluation dès le collège
Au-delà du lycée, c'est l'ensemble du système d'évaluation qui est remis en question. Ben Boakye critique l'importance excessive accordée aux notes obtenues au niveau du collège (JHS) pour déterminer l'avenir des élèves. Il rappelle que le développement cognitif des enfants suit des rythmes variés et que les résultats précoces ne préjugent pas des capacités futures. L'enjeu est donc de garantir un accès universel à l'éducation et de favoriser l'égalité des chances, en permettant à chaque enfant de progresser à son propre rythme, loin de la pression d'une sélection précoce basée sur des scores standardisés.
Un impératif de capital humain
Pour l'ACEP, la construction du capital humain nécessaire au développement du pays dépend de cette capacité à offrir une formation robuste dans tous les établissements secondaires. Si les préférences des parents pour certaines écoles sont une réalité sociale, elles ne doivent pas dicter les priorités de l'État. La mission du gouvernement demeure, selon l'expert, de transformer chaque école en un lieu d'excellence capable de révéler le potentiel de chaque élève, assurant ainsi une croissance plus inclusive et durable.