Le système d'aide à la conduite « Full Self-Driving » (FSD) de Tesla fait l'objet de vives critiques après la publication d'une étude menée par l'association bruxelloise Johanna.be. Alors que l'Union européenne s'apprête à voter, le 6 octobre prochain, sur l'extension de l'homologation de cette technologie aux 27 États membres, ces révélations sur le non-respect des limitations de vitesse urbaines placent le constructeur américain dans une position délicate.
Des défaillances répétées en zone urbaine
L'étude, réalisée sur 400 kilomètres en conditions réelles, révèle que le FSD dépasse fréquemment les limitations de vitesse dans la capitale belge. Dans les zones limitées à 30 km/h, le système a été pris en défaut dans 55 % des tronçons testés, atteignant une vitesse moyenne de 44 km/h. Une situation jugée préoccupante par les experts en sécurité routière, qui rappellent que le risque de mortalité pour un piéton augmente drastiquement à cette allure.
Un problème de lecture des limitations
La cause principale identifiée par les testeurs réside dans une confusion récurrente du logiciel. Bien que le système identifie parfois correctement les panneaux, il affiche fréquemment une limite erronée de 50 km/h au conducteur, ignorant les zones à vitesse réduite. Ce phénomène, également rapporté aux États-Unis, semble lié à une base de données cartographiques obsolète qui ne prend pas en compte les récentes modifications de circulation urbaine, exposant les utilisateurs à des infractions directes.
Conflit entre innovation et sécurité publique
Au-delà de la vitesse, l'association a observé des comportements inappropriés, notamment des tentatives de dépassement de cyclistes dans des rues où cette manœuvre est strictement interdite par le Code de la route belge. Si Tesla maintient que le conducteur demeure le seul responsable de la conduite et que le système « apprend » en continu, les autorités de régulation sont désormais sous pression. Le rapport a été transmis aux instances néerlandaises et flamandes, instigatrices de l'homologation provisoire, afin de réévaluer la sécurité du dispositif avant l'échéance européenne.