Le Syndicat des professeurs du Sénégal (Sypros/EF) a réuni, le 21 août 2026 à Dakar, une trentaine de responsables syndicaux et d'acteurs de la société civile pour repenser le financement du système éducatif. En partenariat avec Action Aid, cette initiative marque une volonté de transformer l'action syndicale en un levier d'expertise sur les politiques budgétaires et la justice fiscale.
Vers une expertise syndicale sur le financement public
L'atelier a permis d'aborder des thématiques stratégiques telles que la mobilisation des ressources, la redevabilité sociale et le contrôle citoyen de l'action publique. Pour Fatou Sèck Kébé, secrétaire générale du Sypros/EF, le syndicalisme ne doit plus se limiter aux seules revendications salariales ou aux conditions de travail. L'organisation ambitionne désormais d'anticiper les décisions budgétaires pour garantir un financement durable et équitable de l'éducation, secteur qu'elle considère comme le moteur principal du développement national.
Optimiser les ressources malgré un budget conséquent
Si le Sénégal se distingue par une allocation budgétaire importante, dépassant les 26 % du budget national consacrés à l'éducation, le secteur reste confronté à des défis structurels majeurs. Cheikh Mbow, secrétaire exécutif de la Cosydep, souligne que la priorité actuelle réside dans la rationalisation des ressources existantes. Il appelle à l'exploration de mécanismes de financement innovants pour répondre aux besoins persistants en infrastructures, en équipements et en personnel, rappelant que l'effectivité du droit à l'éducation demeure une obligation régalienne de l'État.
Intégrer la dimension genre dans les politiques éducatives
L'un des axes majeurs de cette formation porte sur la promotion de services publics sensibles au genre. Cette approche vise à s'assurer que les choix budgétaires et les politiques publiques tiennent compte des besoins spécifiques des populations, afin de réduire les inégalités au sein du système scolaire. Maguette Diaw, représentante d'Action Aid International/Sénégal, a insisté sur la nécessité de former les enseignants à ces enjeux, les qualifiant d'acteurs clés capables d'influencer positivement la qualité du système éducatif par leur maîtrise des mécanismes financiers.
Une nouvelle posture pour le dialogue social
En adoptant cette démarche, le Sypros/EF amorce un changement de paradigme : passer d'une logique de réaction face aux crises à une posture de négociation proactive. L'organisation syndicale entend désormais suivre de près les engagements pris par les pouvoirs publics et proposer des solutions concrètes. Cette montée en compétence des leaders syndicaux est présentée comme une plus-value pour le dialogue social, permettant aux enseignants de peser davantage sur les orientations stratégiques du pays en matière d'éducation et de formation.