Le Syndicat des professionnels de l’information et de la communication du Sénégal (SYNPICS) est monté au créneau pour dénoncer les menaces de mort visant le journaliste Babacar Fall. Cette affaire, qui fait suite à une émission de la RFM, soulève des inquiétudes majeures sur la sécurité des professionnels des médias et la préservation de la liberté d'expression dans le pays.
Une polémique née sur les ondes de la RFM
Le 27 août 2026, l'émission « RFM Matin » recevait Abdou Sy, présenté comme le frère de Serigne Moustapha Sy, responsable moral de la Dahiratoul Moustarchidina Wal Moustarchidaty (DMWM). Les propos tenus lors de cet entretien ont immédiatement suscité une vive controverse au sein de la structure religieuse. Contestant la teneur des déclarations, la DMWM a annoncé son intention de porter plainte pour diffamation. Dans les heures suivant la diffusion, le journaliste Babacar Fall a fait l'objet d'une campagne d'insultes et de menaces de mort explicites, le plaçant directement en situation de vulnérabilité.
L'appel du SYNPICS à la protection des journalistes
Face à cette situation, le bureau exécutif du SYNPICS a fermement condamné des agissements qualifiés de « liberticides ». Le syndicat rappelle que le journalisme, pilier de l'État de droit et de la démocratie, ne peut s'exercer sous la contrainte ou l'intimidation. Pour l'organisation, ces pressions constituent une atteinte directe aux libertés publiques garanties par la Constitution sénégalaise. Le syndicat insiste sur le fait que les journalistes ne doivent en aucun cas être tenus pour responsables des propos tenus par leurs invités dans le cadre d'un débat public.
Exigence d'une réponse judiciaire et sécuritaire
Le SYNPICS a officiellement interpellé les autorités étatiques pour qu'elles garantissent la sécurité physique de Babacar Fall. Au-delà de la protection immédiate, le syndicat réclame l'ouverture d'une enquête approfondie afin d'identifier les auteurs des menaces et de les traduire en justice. En réaffirmant sa solidarité avec le journaliste, le syndicat place les autorités devant leurs responsabilités régaliennes : assurer un climat serein pour l'exercice du droit à l'information, tout en appelant l'ensemble des acteurs de la société civile à respecter les principes démocratiques fondamentaux.