Le Syndicat national des professionnels de l'aviation civile et des aéroports du Sénégal (SYNPAAS) monte au créneau face à la direction de l'Aéroport International Blaise Diagne (AIBD). Le syndicat dénonce des mesures d'intimidation à l'encontre des agents grévistes et réaffirme la légitimité de son mouvement, déclenché par un contentieux financier majeur impliquant la compagnie nationale Air Sénégal.
Un bras de fer sur la légalité du mouvement
Au cœur du conflit, la qualification d'« illicite » attribuée à la grève par la direction de l'AIBD est fermement rejetée par le SYNPAAS. Le syndicat souligne que seule une instance judiciaire compétente est habilitée à statuer sur la légalité d'un arrêt de travail. En conséquence, les représentants syndicaux préviennent qu'ils contesteront systématiquement toute sanction disciplinaire, qu'il s'agisse d'avertissements, de blâmes ou de mises à pied, qui serait motivée par la participation des agents au mouvement social.
Le pointage physique au centre des tensions
Le SYNPAAS pointe du doigt les opérations de pointage physique organisées sur les sites de Yoff et de Diass. Selon le syndicat, ces pratiques ne visent pas une gestion administrative classique, mais servent à identifier les grévistes pour exercer une pression directe sur eux. Le secrétaire général du syndicat, Mara Gaye, a également averti que toute retenue sur salaire jugée discriminatoire ou punitive, dépassant la durée réelle de l'arrêt de travail, ferait l'objet d'une opposition formelle de la part des travailleurs.
L'enjeu financier des 31 milliards de FCFA
La mobilisation actuelle trouve sa source dans une créance colossale de plus de 31 milliards de FCFA que la compagnie Air Sénégal doit à LAS, l'entreprise gestionnaire de l'aéroport. Le SYNPAAS rejette les accusations de collusion avec la direction de LAS, affirmant que son action vise avant tout à obtenir le règlement de cette dette. Le syndicat récuse également l'idée que les travailleurs chercheraient à entraver le projet stratégique de faire de Dakar un hub aérien régional, insistant sur le fait que le recouvrement de cette créance est essentiel à la stabilité de l'écosystème aéroportuaire.