Le syndicat SUTELEC a dénoncé le passage en force du directeur général de Senelec à la signature d’un protocole de dix ans avec le groupe AKILEE, tout en réclamant le versement de la prime sur le revenu annuel bénéficiaire (PRAB) pour l’exercice 2025. Selon le syndicat, la décision a été prise sans concertation et menace la transparence du secteur énergétique sénégalais.
Signature du protocole AKILEE sans concertation syndicale
Le Conseil d’administration de Senelec a autorisé le directeur général à signer le protocole avec AKILEE le 23 octobre, après qu’un comité chargé de le réexaminer le 7 octobre n’a pas fourni de livrable. Le SUTELEC affirme que la concertation annoncée avec les syndicats n’a jamais eu lieu, malgré une lettre d’avocats de Senelec recommandant de suspendre le processus. Cette décision ravive une opposition syndicale qui remonte à 2019.
Controverses juridiques et financières du contrat décennal
Le contrat, estimé à 187 milliards de FCFA, a été jugé déséquilibré par l’Autorité de régulation des marchés publics. Un rapport de l’OFNAC a relevé huit qualifications d’infractions pénales liées à ce même accord. Le SUTELEC rappelle que le Sudeten, autre syndicat, qualifie le texte de « contrat léonin » et réclame une enquête parlementaire. Le syndicat souligne également l’absence d’appel d’offres et le manque de transparence dans l’attribution du marché.
Exigence du paiement de la PRAB 2025 et crainte d’une remise en cause des acquis sociaux
Pour l’exercice 2025, Senelec a déclaré un bénéfice de 36 milliards de FCFA, certifié par les commissaires aux comptes. Le SUTELEC rappelle que la prime PRAB a été versée chaque année de 2021 à 2025 et estime que les conditions de paiement sont remplies. Le syndicat demande le versement immédiat de la PRAB 2025 et met en garde contre la suppression de cet acquis, qui a déjà conduit la CSTS à suspender un ordre de grève lancé le 13 juillet.
Alternatives techniques internes proposées par la CSTS
Un atelier technique organisé par la Convergence syndicale des travailleurs de Senelec (CSTS) en septembre a conclu que Senelec pouvait développer en interne une solution de comptage avancé en six mois, à condition que la direction fournisse les moyens nécessaires. Le syndicat s’interroge également sur l’exclusivité accordée à AKILEE pour l’approvisionnement en compteurs, alors que Senelec détient 49 % d’une usine capable de répondre à ses besoins. Le SUTELEC demande la suspension du protocole jusqu’à une évaluation contradictoire des options disponibles.