Le syndicat national des employés de l'alimentation, des boissons et du tabac (NUFBTE) a officiellement demandé à la Chambre des représentants nigériane de suspendre l'examen du projet de loi sur les tarifs douaniers et accises (CETA) de 2025. Cette mobilisation syndicale souligne les craintes d'une déstabilisation accrue du secteur manufacturier, déjà sous forte pression en raison des récentes réformes économiques nationales.
Une transition fiscale jugée périlleuse
Le cœur du désaccord porte sur la modification du mode de calcul de la taxe sur les boissons non alcoolisées. Le projet de loi CETA propose de remplacer la taxe spécifique actuelle, fixée à 10 nairas par litre, par un prélèvement basé sur un pourcentage du prix de vente au détail. Pour le président du NUFBTE, Garba Dankama, ce changement de paradigme fiscal représente une menace directe pour la viabilité des entreprises du secteur, qui peinent déjà à maintenir leurs niveaux de production face à l'érosion du pouvoir d'achat des consommateurs.
Fragilisation de la base industrielle
Le syndicat dresse un état des lieux alarmant de l'industrie agroalimentaire. Entre la hausse des coûts de l'énergie, les difficultés d'accès aux devises étrangères et des taux d'emprunt prohibitifs, les capacités de production sont en net recul. Selon le NUFBTE, l'instauration d'une taxe proportionnelle au prix de vente pourrait précipiter la fermeture de lignes de production supplémentaires, entraînant une vague de licenciements dans une filière qui irrigue pourtant l'ensemble de la chaîne de valeur, de l'agriculture à la distribution.
Impact limité sur la santé publique
Au-delà des enjeux économiques, le syndicat conteste l'efficacité sanitaire de cette mesure. Le NUFBTE fait valoir que les boissons concernées ne représentent que 5 % de l'apport national en sucre. L'organisation prévient qu'une hausse des prix imposée par cette taxe ne réduirait pas la consommation globale, mais pousserait plutôt les ménages vers des produits alternatifs non réglementés, tout en détruisant les emplois de plus d'un million de travailleurs. Le syndicat appelle désormais les parlementaires à privilégier la protection de l'outil industriel national plutôt que l'alourdissement de la pression fiscale sur un secteur en état de détresse.