Le syndicat des travailleurs industriels et commerciaux (ICU-Ghana) a officiellement exigé l'arrêt immédiat des négociations visant à transférer une participation majoritaire de la Volta Aluminium Company Limited (VALCO) à un investisseur privé. Cette mobilisation syndicale met en lumière les tensions croissantes autour de la gestion de cet actif stratégique national, alors que le gouvernement cherche à moderniser l'outil de production par un apport de capitaux extérieurs.
Une souveraineté industrielle en question
Le cœur du désaccord porte sur le transfert de 70 % des parts de VALCO au consortium Arch Holdings. Si l'ICU ne conteste pas la nécessité de moderniser et de retooler l'entreprise, elle rejette fermement toute transaction qui entraînerait la perte du contrôle étatique. Pour le syndicat, céder une majorité du capital revient, dans les faits, à une privatisation déguisée, contredisant les assurances fournies par les autorités gouvernementales. Le 31 juillet 2026, le Conseil exécutif national de l'ICU a formellement acté son opposition à ce schéma de restructuration.
Zones d'ombre sur la sélection du partenaire
L'ICU pointe également des incohérences majeures dans le processus de sélection du partenaire stratégique. Alors que le ministère des Terres et des Ressources naturelles affirmait qu'aucun investisseur n'avait été choisi, la Ghana Integrated Aluminium Development Corporation (GIADEC) avait pourtant annoncé dès janvier 2026 la sécurisation d'investisseurs. Le syndicat s'interroge notamment sur la solidité du consortium Arch Holdings, soulignant que son partenaire technique pressenti, Press Metal Aluminium Holdings Berhad, n'aurait soumis qu'une simple lettre d'intention en septembre 2025, sans engagement financier ou technique contraignant, et n'aurait visité les installations qu'en avril 2026. Le retrait rapporté de Press Metal du projet renforce, selon le syndicat, l'urgence de clarifier la composition actuelle du consortium et ses capacités réelles.
Des alternatives au transfert de contrôle
Face à ces incertitudes, l'ICU exhorte le président John Dramani Mahama à suspendre les négociations en cours. Le syndicat propose une approche alternative pour redresser VALCO sans sacrifier la propriété publique. Parmi les pistes avancées figurent l'accès à une énergie compétitive, une recapitalisation soutenue par l'État, un recours au financement par la dette, ainsi que des réformes de gouvernance assorties d'objectifs de performance mesurables. Ces mesures, selon l'organisation, permettraient de restaurer la viabilité de l'entreprise tout en préservant l'intérêt national et les emplois, une demande déjà portée lors d'une manifestation à Tema le 27 juillet dernier.