Le Syndicat des journalistes égyptiens maintient sa ligne de défense en faveur de six reporters du média d'investigation Matsadaash, arrêtés fin septembre. Malgré les pressions exercées par les autorités et les milieux pro-gouvernementaux, l'organisation syndicale dénonce une atteinte aux libertés fondamentales et exige la protection des droits des détenus.
Détention et accusations de terrorisme
Les six journalistes — Mohamed Adel, Mohamed Ashraf Abu Emeira, Islam Barakat, Omar Helal, Mohamed Mahmoud et Abdallah Qadry — ont été appréhendés les 28 et 29 septembre. Ils sont actuellement en détention provisoire pour une durée de 15 jours, ordonnée par le Parquet de la sûreté de l'État. Les autorités égyptiennes leur reprochent des liens avec les Frères musulmans, une organisation classée comme « terroriste » par le Caire, une allégation formellement rejetée par le média Matsadaash et ses fondateurs.
Allégations de torture et recours au droit antiterroriste
L'Initiative égyptienne pour les droits personnels (EIPR), qui assure la défense des journalistes, a soulevé de graves préoccupations concernant les conditions de leur arrestation. Selon l'ONG, les détenus auraient subi des actes de torture, incluant des passages à tabac et des décharges électriques, afin de leur extorquer des aveux. L'EIPR souligne également que les journalistes ont été maintenus au secret pendant cinq jours, en s'appuyant sur la loi antiterroriste de 2015, alors que les charges retenues par le parquet se limitent à la diffusion de « fausses informations » ou de rumeurs. Le ministère égyptien de l'Intérieur a officiellement démenti ces allégations de mauvais traitements.
La position du Syndicat des journalistes
Khaled Elbalshy, à la tête du Syndicat des journalistes, a déposé une plainte formelle auprès du procureur général pour dénoncer ces violations présumées. Dans une déclaration publique, il a rappelé que la défense de ces confrères constitue un enjeu collectif pour la profession : « L'infraction à la liberté d'un journaliste est une infraction à la liberté de tous ». Le syndicat insiste sur la présomption d'innocence, rappelant que Matsadaash, plateforme de fact-checking devenue média d'investigation, fait l'objet d'une surveillance accrue depuis plusieurs années, son site étant bloqué sur le territoire national malgré une audience importante sur les réseaux sociaux.