Le syndicat du personnel judiciaire (JUSUN) de l'État de Nasarawa a officiellement lancé une grève illimitée ce mardi 15 septembre 2026. Ce mouvement social paralyse les activités judiciaires locales, les employés réclamant l'application effective de l'autonomie financière du secteur ainsi que des revalorisations salariales restées en suspens.
Revendications salariales et structurelles
Le président de la branche locale du JUSUN, Mas’ud Ubangari, a justifié cette décision par l'échec des négociations après l'expiration d'un ultimatum de sept jours adressé aux autorités. Le syndicat exige notamment l'application d'une allocation spécifique de 40 % approuvée par la Commission nationale des salaires, des revenus et des salaires, ainsi qu'une augmentation salariale de 58,1 %. Au-delà des questions de rémunération, le personnel pointe du doigt le retard pris dans les promotions et les processus de conversion de carrière, tout en réaffirmant que l'autonomie financière de la justice demeure une condition sine qua non pour le bon fonctionnement de l'institution.
La riposte de la Commission judiciaire
Face à cette mobilisation, la Commission judiciaire de l'État de Nasarawa a adopté une position ferme. Par la voix de sa secrétaire exécutive, Ramatu Idris, l'institution a ordonné à l'ensemble du personnel de se présenter à leur poste, invoquant une décision en vigueur de la Cour nationale du travail. La Commission qualifie cette grève de « prématurée », soulignant que des processus de dialogue sont déjà en cours pour examiner les doléances des travailleurs.
Risques de sanctions disciplinaires
La tension est montée d'un cran avec la menace explicite de sanctions disciplinaires brandie par la Commission à l'encontre des agents qui suivraient le mot d'ordre de grève. Les greffiers en chef ont reçu pour instruction de veiller au respect strict de cette obligation de présence. Alors que la Commission affirme privilégier la voie du dialogue et le respect de l'ordre public, le bras de fer entre la direction administrative et le syndicat place désormais les services judiciaires de l'État dans une situation d'incertitude majeure, avec un risque réel de blocage prolongé du système judiciaire local.