Le syndicat des enseignants du supérieur au Nigeria (ASUU) exprime une vive inquiétude face à la persistance de blocages financiers au sein des universités publiques. Malgré la signature d'un accord en décembre 2025, le syndicat dénonce le maintien d'arriérés de salaires et une mise en œuvre fragmentée des mesures promises par les autorités fédérales et étatiques.
Un reliquat de salaires toujours impayé
Le président de l'ASUU, le professeur Christopher Piwuna, a souligné que la situation sociale des enseignants reste précaire. Sur les sept mois et demi de salaires retenus sous l'administration précédente, seuls quatre ont été régularisés par le gouvernement fédéral. Il subsiste donc une dette de trois mois et demi, une situation qui, selon le syndicat, fragilise la stabilité du système universitaire et le moral du corps professoral.
Des disparités criantes dans l'application des accords
Au-delà de la question des arriérés, l'ASUU pointe du doigt l'incohérence de l'application de l'accord de décembre 2025. Si certains établissements ont pu intégrer la nouvelle grille salariale, d'autres en sont exclus, forçant parfois les universités à des mouvements de grève locaux pour obtenir le paiement des émoluments. Au niveau des États, la disparité est tout aussi marquée : le syndicat note que seul le gouverneur de l'État d'Abia, Alex Otti, a pleinement engagé la mise en œuvre des dispositions convenues, laissant les autres gouvernements locaux en retrait.
Le défi structurel du financement de l'enseignement
Le syndicat insiste sur le fait que la crise ne se limite pas aux salaires, mais touche au cœur même du développement humain et de la recherche. Bien que l'ASUU ait consenti à un compromis en acceptant un objectif de 15 % du budget national alloué à l'éducation — au lieu des 26 % recommandés — le syndicat déplore que même cet engagement soit difficilement respecté. Pour le professeur Piwuna, cet investissement est pourtant indispensable pour permettre aux universités nigérianes de produire une recherche compétitive et de contribuer réellement à l'économie du savoir.
Privilégier le dialogue malgré les tensions
Malgré ces manquements, l'ASUU affirme privilégier la voie de la concertation. Le syndicat a multiplié les échanges avec le ministère de l'Éducation et le comité de suivi de l'accord fédéral. L'enjeu pour les mois à venir reste la capacité des autorités à honorer leurs engagements financiers pour éviter une nouvelle escalade des tensions sociales, alors que le secteur attend toujours des investissements concrets dans les infrastructures et le soutien à la recherche.