Le Ghana Mineworkers’ Union (GMWU) a formellement exigé la suspension immédiate d'une directive de la Commission des minéraux imposant aux grandes compagnies minières de passer d'un modèle d'exploitation directe à la sous-traitance. Face à ce qu'il qualifie de dérive sociale majeure, le syndicat menace d'engager un mouvement de protestation dès le 1er septembre 2026, alertant sur les risques de déstabilisation du secteur minier national.
Une précarisation croissante du travail minier
Le cœur de la contestation repose sur l'explosion du travail précaire au sein de l'industrie. Selon les données du GMWU, plus de 95 % des effectifs du secteur sont désormais sous des contrats à durée déterminée, occasionnels ou via des agences de sous-traitance, contre moins de 10 % de contrats permanents fin 2024. Le syndicat dénonce un détournement des objectifs de la réglementation sur le contenu local (L.I. 2431), qui, au lieu de favoriser l'emploi qualifié, aurait facilité l'émergence d'intermédiaires exploitant la main-d'œuvre, notamment au sein de certaines opérations à capitaux chinois.
Inégalités salariales et risques sécuritaires
Le passage à la sous-traitance entraîne, selon le syndicat, une réduction drastique des revenus, les salaires pouvant être divisés par deux par rapport à un emploi direct. Au-delà de la rémunération, le GMWU pointe des retards de paiement, des manquements aux cotisations de retraite et une dégradation des conditions de sécurité. La recherche de réduction des coûts par les sous-traitants favoriserait, d'après les représentants syndicaux, une hausse des accidents de travail non déclarés, mettant en péril l'intégrité physique des mineurs.
Le blocage du dialogue social
La tension est montée d'un cran après l'échec des concertations entamées en avril 2026. Bien qu'un accord ait été trouvé en mai pour suspendre la directive et créer un comité technique, le GMWU affirme avoir été écarté des travaux de cette instance. La directive vise des géants comme Zijin, Newmont et AngloGold, avec une obligation de transition complète prévue pour décembre 2026. Le ministre des Terres et des Ressources naturelles, Emmanuel Armah-Kofi Buah, a promis d'examiner la pétition syndicale, réaffirmant que la politique de contenu local doit avant tout garantir la sécurité de l'emploi.
Vers une escalade des tensions sociales
En signe de protestation, les mineurs porteront des brassards rouges à partir du 1er septembre. Le syndicat a fixé un ultimatum au gouvernement pour la fin du mois de septembre. Si aucune mesure concrète de suspension de la directive n'est actée, le GMWU n'exclut pas une action industrielle d'envergure. Une telle mobilisation pourrait avoir des conséquences directes sur la production minérale, les recettes publiques et la stabilité globale de l'économie ghanéenne.