Un mouvement de grève d'ampleur nationale paralyse actuellement de nombreuses universités d'État au Nigeria. Les enseignants, regroupés au sein du syndicat ASUU, exigent le respect des accords salariaux renégociés et le paiement d'arriérés accumulés depuis janvier 2026.
Une mobilisation coordonnée à travers le pays
La directive nationale de l'Academic Staff Union of Universities (ASUU) a été largement suivie dans plusieurs établissements, notamment à Nasarawa, Gombe, Kaduna, Kano, Taraba, ainsi qu'en pays Edo, Ondo, Abia, Enugu, Imo, Niger et Bayelsa. Ce mouvement de contestation vise à contraindre les autorités étatiques à aligner les conditions de travail et de rémunération sur les engagements pris lors de l'accord de 2025 entre le gouvernement fédéral et le syndicat.
Revendications salariales et conditions de travail
À l'université d'État d'Adekunle Ajasin (AAUA), dans l'État d'Ondo, le syndicat conditionne la reprise des cours au versement effectif des salaires révisés et des arriérés dus depuis janvier 2026. Le président de la section locale, le professeur Bolu Oshodi, souligne que la confiance est rompue : les enseignants n'accepteront de suspendre leur grève qu'après avoir constaté le virement des fonds sur leurs comptes bancaires. Parallèlement, à l'université d'État du Plateau (PLASU), les revendications sont plus larges. Outre les questions salariales, le syndicat exige la mise en place d'un régime de retraite contributif, l'amélioration de la sécurité sur le campus — incluant la construction de tranchées périmétriques — et la fin des intimidations à l'encontre des responsables syndicaux.
L'impasse à l'université Ambrose Alli
Dans l'État d'Edo, l'université Ambrose Alli (AAU) est également à l'arrêt total. La direction de l'établissement a entamé des discussions avec le gouverneur Monday Okpebholo pour tenter de débloquer la situation. Cependant, le syndicat maintient une position ferme après l'expiration d'un ultimatum de 14 jours. La grève, qualifiée de « totale et complète », suspend non seulement les enseignements, mais aussi la surveillance des examens, la supervision des mémoires de recherche et les réunions statutaires. Cette interruption prolongée des activités académiques soulève des inquiétudes quant au calendrier universitaire et à la continuité du service public d'enseignement supérieur dans les États concernés.