Le syndicat des enseignants de l'université Sule Lamido (SLUK) a lancé un ultimatum de deux semaines au gouvernement de l'État de Jigawa, exigeant l'application immédiate d'une nouvelle grille salariale et le règlement d'arriérés financiers. Faute d'accord d'ici la mi-septembre, le corps enseignant menace de suspendre toutes les activités académiques, une situation qui fragilise la stabilité du calendrier universitaire.
Revendications salariales et autonomie administrative
Le syndicat ASUU-SLUK dénonce un retard de sept mois dans l'application de la nouvelle structure salariale, déjà adoptée par d'autres universités publiques du pays. Outre la revalorisation des rémunérations, les enseignants exigent le versement des arriérés de promotion et des allocations académiques pour les exercices 2024 et 2025. Le syndicat conteste également l'utilisation du système de gestion de la paie (IPPMS), qu'il juge inadapté aux spécificités du secteur universitaire, et réclame une exemption immédiate de cette plateforme pour garantir une gestion financière plus conforme aux normes académiques.
La réponse du gouvernement face à l'impasse
De son côté, le gouvernement de l'État de Jigawa minimise la menace de grève, l'attribuant à un simple « déficit de communication ». Le commissaire à l'Enseignement supérieur, Yusif Chamo, a affirmé que la majorité des doléances syndicales avaient déjà été validées par l'administration du gouverneur Umar Namadi. Selon les autorités, les documents nécessaires à l'application de l'accord national ont été transmis aux instances universitaires la semaine dernière afin d'être intégrés dans le prochain budget.
Investissements infrastructurels et dialogue social
Le gouvernement met en avant ses efforts récents pour moderniser l'institution, citant notamment un projet d'investissement de 10 milliards de nairas incluant la construction d'une faculté de médecine et de nouvelles résidences étudiantes. Malgré ces investissements, le syndicat maintient sa position, soulignant que les tentatives de médiation auprès des autorités locales et législatives sont restées sans réponse concrète jusqu'à présent. Une réunion d'urgence impliquant le procureur général et les représentants syndicaux a été convoquée pour tenter de désamorcer le conflit avant l'expiration de l'ultimatum.