Le syndicat du personnel supérieur des transports aériens du Nigeria (ATSSSAN) a annoncé qu'il pourrait suspendre ses activités dans les aéroports du pays si ses responsables étaient retenus par la police. Cette menace fait suite à une convocation des autorités après une action syndicale musclée menée le 11 août dernier contre la compagnie aérienne Air Peace.
Un conflit social aux lourdes conséquences financières
Le 11 août 2026, une action de piquet de grève coordonnée par l'ATSSSAN et le Syndicat national des employés du transport aérien (NUATE), avec le soutien des centrales syndicales NLC et TUC, a paralysé une grande partie des opérations d'Air Peace. Les syndicats dénonçaient alors le non-versement de la taxe sur les ventes de billets (TSC) à l'Autorité de l'aviation civile du Nigeria (NCAA), ainsi que des entraves au droit de syndicalisation des employés. Cette journée de blocage a entraîné l'immobilisation de plus de la moitié des vols de la compagnie, laissant des milliers de passagers bloqués et causant une perte de revenus estimée à plus de 2 milliards de nairas pour l'entreprise.
La riposte judiciaire de la compagnie aérienne
En réaction à ces perturbations, Air Peace a déposé une plainte officielle auprès de la police nigériane. La compagnie accuse le syndicat de conspiration, de menaces de violence, d'incitation à troubler l'ordre public, d'agression physique et de comportements susceptibles de porter atteinte à la paix sociale. C'est dans ce cadre que les dirigeants de l'ATSSSAN ont été convoqués au siège de la police à Abuja pour le 2 septembre 2026.
Le risque d'une nouvelle paralysie nationale
Francis Akinjole, secrétaire général de l'ATSSSAN, a confirmé que le syndicat répondrait à cette convocation, tout en dénonçant ce qu'il qualifie d'intimidation de la part de la direction d'Air Peace. Le syndicat a toutefois posé un ultimatum clair : si ses représentants sont retenus par les forces de l'ordre au-delà du nécessaire, l'organisation ne pourra plus garantir la poursuite des opérations aériennes dans les aéroports du pays. Cette situation place le secteur de l'aviation civile nigérian dans une position de vulnérabilité, alors que les tensions entre partenaires sociaux et compagnies aériennes restent vives sur les questions de gouvernance financière et de droits des travailleurs.