Le Syndicat des travailleurs de la justice (SYDJUST) a officiellement sollicité l'arbitrage du Premier ministre pour débloquer les tensions sociales qui menacent le fonctionnement des juridictions. Cette démarche intervient alors que les négociations techniques sur l'application d'un protocole d'accord signé en août 2025 sont au point mort.
Un protocole d'accord en suspens
Au cœur du différend figure la mise en œuvre effective du protocole d'accord conclu le 7 août 2025 entre le gouvernement et les représentants des travailleurs. Le syndicat pointe du doigt le blocage persistant de plusieurs points cruciaux, notamment les modalités de reclassement des agents et leur rétroactivité, fixée par les travailleurs à juillet 2018. Les revendications portent également sur la revalorisation des indemnités des administrateurs des greffes, des greffiers et des assistants des greffes et parquets, ainsi que sur l'harmonisation de l'âge de la retraite à 65 ans.
L'impasse des concertations techniques
Selon Me El Hadji Ayé Boun Malick Diop, secrétaire général du SYDJUST, l'épuisement des voies de recours administratives classiques a conduit à cette saisine directe du chef du gouvernement. Malgré la multiplication des rencontres techniques et l'envoi de nombreuses correspondances, le syndicat estime n'avoir reçu aucune réponse satisfaisante de la part des autorités compétentes. Ce constat d'échec dans les échanges intermédiaires justifie, selon l'organisation, une intervention au plus haut niveau de l'exécutif pour éviter une dégradation durable du climat social.
Le spectre d'une grève nationale
Bien que le SYDJUST ait déposé un préavis de grève le 28 octobre dernier, le syndicat insiste sur le fait que cette mesure n'est pas synonyme de rupture définitive du dialogue. En sollicitant une audience auprès du Premier ministre, les travailleurs de la justice cherchent à privilégier une issue pacifique et concertée. L'enjeu est désormais de savoir si le gouvernement fera preuve de la volonté politique nécessaire pour répondre aux attentes des agents et garantir la continuité du service public de la justice, évitant ainsi une paralysie des tribunaux.