Le succès électoral des partis arabes en Israël déclenche une offensive judiciaire et politique du camp Netanyahu

Par Rédaction KUMBA 2 min de lecture 6 lectures
Le succès électoral des partis arabes en Israël déclenche une offensive judiciaire et politique du camp Netanyahu

Le paysage politique israélien est sous tension après que les formations arabes, Raam et la Liste unifiée, ont atteint le score inédit de 19 sièges à la Knesset. Cette percée, portée par une mobilisation massive de la minorité arabe, fragilise la coalition du Premier ministre sortant et provoque une riposte virulente de la droite au pouvoir.

Une enquête sur des soupçons de financement étranger

Le chef de la Commission électorale, Noam Sohlberg, a officiellement saisi le Shin Bet, le service de renseignement intérieur, pour diligenter une enquête sur d'éventuels financements étrangers reçus par des partis politiques. Bien que la demande ne nomme aucune formation, le climat politique pointe vers les partis arabes. Des responsables israéliens ont publiquement évoqué le Qatar ou la Turquie comme sources potentielles de ces fonds, des pays régulièrement désignés par la droite comme des soutiens à l'islam politique hostile aux intérêts de l'État hébreu.

La stratégie de délégitimation du Likoud

Le parti de Benjamin Netanyahu, le Likoud, a qualifié ces résultats d'« attentat contre la démocratie », affirmant sans preuve tangible que le scrutin aurait été « volé ». Le Premier ministre et ses alliés, notamment le ministre de la Sécurité nationale Itamar Ben Gvir, présentent cette montée en puissance des élus arabes comme une menace existentielle visant à « islamiser Israël » et à affaiblir l'armée. Cette rhétorique s'inscrit dans une campagne de longue haleine visant à exclure toute coopération entre les partis sionistes et les formations arabes, qualifiées d'ennemis de l'intérieur.

Un blocage institutionnel persistant

À l'issue du dépouillement, aucun camp ne semble en mesure d'atteindre la majorité absolue de 61 sièges sur les 120 que compte la Knesset. Avec 53 sièges pour la coalition de M. Netanyahu et 48 pour le bloc centriste de Gadi Eisenkot, les 19 députés arabes deviennent des faiseurs de rois potentiels. Cependant, l'opposition reste divisée sur la stratégie à adopter : si certains, comme Yaïr Golan, prônent une alliance, d'autres craignent les conséquences politiques d'un partenariat avec les partis arabes, exacerbées par les accusations incessantes du camp Netanyahu. Gadi Eisenkot a pour sa part appelé à la prudence, exhortant les autorités à enquêter sans pour autant instrumentaliser la situation pour retarder la validation des résultats électoraux.

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