Le futur stade Hassan II de Benslimane, pilier central du dispositif marocain pour la Coupe du monde 2030, suscite des débats sur son coût et sa localisation. Devant la Commission des finances, le ministre de l'Économie et président de la FRMF, Fouzi Lekjaa, a défendu la viabilité économique de cet investissement majeur en mettant en avant son usage intensif par les clubs nationaux et son impact sur l'aménagement du territoire.
Une rentabilité basée sur l'usage local
Loin de n'être qu'une infrastructure dédiée à l'événement mondial de 2030, le stade de Benslimane est conçu pour répondre aux besoins récurrents du football marocain. Fouzi Lekjaa a souligné que l'enceinte accueillera régulièrement les matchs du Raja et du Wydad de Casablanca, ainsi que ceux de l'équipe nationale. Avec un calendrier cumulé dépassant les 25 rencontres par saison, le ministre estime que la capacité d'accueil de 100 000 spectateurs est pleinement justifiée par la forte demande des supporters locaux et continentaux.
Transparence budgétaire et logistique
Interrogé sur le coût final du projet, le ministre a précisé qu'une estimation définitive reste prématurée. Le chantier, structuré en plusieurs lots, nécessite l'attribution de l'ensemble des marchés pour établir une facture globale consolidée. Concernant les critiques sur l'éloignement géographique du stade par rapport à Casablanca, le responsable a relativisé ces inquiétudes en rappelant que les standards internationaux, notamment observés aux États-Unis, intègrent des temps de trajet significatifs pour accéder aux grandes enceintes sportives.
Un maillage territorial au-delà du sport
La stratégie gouvernementale dépasse le cadre strict des stades. Selon Fouzi Lekjaa, les investissements liés au Mondial 2030 s'inscrivent dans une vision royale visant à désenclaver et à moderniser l'ensemble du territoire. Ce plan inclut la réhabilitation d'infrastructures à Laâyoune et Dakhla, ainsi que le développement d'académies régionales aux normes internationales. L'enjeu est de coupler ces équipements sportifs à un vaste programme de modernisation des réseaux routiers et de transport, afin de renforcer la connectivité entre les régions et de transformer l'événement sportif en un moteur de développement économique durable pour tout le pays.