Le soutien de Bassirou Diomaye Faye à la candidature de Macky Sall à l'ONU suscite l'indignation des victimes

Par Rédaction KUMBA 3 min de lecture 18 lectures
Le soutien de Bassirou Diomaye Faye à la candidature de Macky Sall à l'ONU suscite l'indignation des victimes

Le soutien affiché par le président sénégalais Bassirou Diomaye Faye à la candidature de son prédécesseur, Macky Sall, pour le poste de secrétaire général des Nations unies, provoque une onde de choc au sein des associations de victimes. Ces organisations dénoncent une contradiction majeure entre les promesses de rupture politique portées par l'actuel pouvoir et la réhabilitation diplomatique d'un dirigeant dont le mandat a été marqué par une répression sanglante.

Un malaise face à la diplomatie internationale

Le président Bassirou Diomaye Faye a publiquement justifié son appui à l'ancien chef de l'État en interrogeant la légitimité de ce dernier à défendre les intérêts de l'Afrique sur la scène mondiale. Cette prise de position a été accueillie avec une profonde incompréhension par le Collectif des familles de victimes de Macky Sall. Pour son porte-parole, Boubacar Seye, ce revirement diplomatique soulève une question de cohérence fondamentale : peut-on sacrifier la mémoire nationale et les attentes de justice au nom de la realpolitik ? Le collectif insiste sur le fait que la candidature internationale de l'ex-président ne doit pas occulter les violences politiques survenues entre 2021 et 2024.

L'exigence de vérité et de justice

Trois organisations majeures, dont l'Initiative zéro impunité et le Collectif des familles des martyrs, ont publié un communiqué commun rappelant que les engagements de l'État en faveur des droits humains doivent primer sur les ambitions diplomatiques. Les familles des victimes, qui attendent toujours des réparations et des comptes, estiment que ce soutien officiel fragilise le processus de vérité en cours. Ce malaise est d'autant plus vif que le Sénégal a récemment franchi une étape judiciaire inédite : quatre personnes ont été inculpées pour « crime contre l'humanité » ou « complicité » en lien avec les troubles politiques de la période 2021-2024.

La question de la rupture politique

Au cœur de la controverse se trouve la promesse de changement qui a porté Bassirou Diomaye Faye au pouvoir en 2024. Les associations de victimes soulignent le contraste saisissant entre le discours de campagne, axé sur la rupture avec les pratiques du régime précédent, et l'investissement actuel de l'État pour propulser Macky Sall à la tête de l'ONU. Pour les familles, cette démarche impose une explication claire de la part des autorités sur ce qu'elles considèrent comme une réhabilitation prématurée. Alors que sept candidats sont en lice pour succéder à Antonio Guterres, la candidature de l'ancien président sénégalais reste, sur le plan intérieur, un point de tension majeur entre les impératifs de la diplomatie et le devoir de mémoire.

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