Le soutien officiel apporté par le président sénégalais Bassirou Diomaye Faye à la candidature de son prédécesseur, Macky Sall, au poste de secrétaire général de l'ONU, provoque une vive contestation au sein de la société civile. Ce positionnement diplomatique est perçu par les familles des victimes des troubles politiques survenus entre 2021 et 2024 comme une contradiction majeure avec la promesse de rupture politique portée par l'actuel exécutif.
La mémoire des victimes face à la diplomatie internationale
Boubacar Seye, responsable du Collectif des familles de victimes, a exprimé un profond malaise face à cette démarche. Pour les organisations de défense des droits humains, dont l'Initiative zéro impunité et le Collectif des victimes de Macky Sall, la promotion internationale de l'ancien chef de l'État ne doit pas occulter les violences ayant marqué la période 2012-2024. Ces collectifs exigent des explications sur la cohérence de cette stratégie, alors que les familles attendent toujours que les engagements de justice et de réparation soient tenus.
Un contexte judiciaire marqué par des poursuites inédites
La controverse intervient alors que le système judiciaire sénégalais a franchi une étape historique. Récemment, quatre personnes ont été inculpées pour crime contre l'humanité ou complicité de ce crime, en lien direct avec la répression des manifestations politiques sous le précédent régime. Ces poursuites, qui visent des faits ayant causé des dizaines de décès, soulignent la persistance d'une demande de vérité et de reddition des comptes qui entre en collision frontale avec le soutien diplomatique accordé à Macky Sall.
L'enjeu de la succession au secrétariat général de l'ONU
La candidature de l'ancien président sénégalais s'inscrit dans un processus plus large de succession à Antonio Guterres, dont le second mandat s'achèvera le 31 décembre prochain. Sept candidats sont actuellement en lice pour occuper ce poste stratégique au sein des Nations unies. Pour les organisations sénégalaises, cet enjeu international ne saurait justifier l'oubli des violences passées, rappelant que la lutte contre l'impunité demeure une exigence centrale pour la consolidation de l'État de droit au Sénégal.