Le président de la Fédération camerounaise de football (Fecafoot), Samuel Eto'o, a réitéré son soutien indéfectible à Gianni Infantino en vue du congrès de la FIFA prévu en mars 2027. Cet engagement public, qui vise à mobiliser les 54 fédérations africaines derrière le président sortant, intervient dans un climat de vive tension au sein de l'instance mondiale, marquée par des contestations internes et des soupçons de dérives financières.
Une alliance sous haute tension
La position de Samuel Eto'o détonne face à l'hostilité croissante de plusieurs confédérations majeures, dont l'UEFA, la CONCACAF et l'AFC. Ces dernières critiquent ouvertement la gestion de Gianni Infantino, notamment son projet avorté de céder des droits de la Coupe du monde à des investisseurs privés. Pour ses détracteurs, cette manœuvre visait à centraliser le pouvoir financier de la FIFA au détriment des fédérations nationales. En choisissant de se positionner comme le principal allié africain d'Infantino, l'ancien capitaine des Lions Indomptables s'expose à une polarisation accrue au sein de la scène footballistique internationale.
Le spectre des révélations financières
Parallèlement à ses prises de position politiques, Samuel Eto'o fait face à des accusations graves concernant la gestion des fonds de la Fecafoot. Des révélations médiatiques, appuyées par des signalements internes, font état de virements totalisant 567 570 euros en provenance de la Fédération russe de football, correspondant à un match amical disputé en octobre 2023. Ces fonds auraient été versés sur un compte personnel de l'ancien joueur à Doha. Si Eto'o et ses collaborateurs ont justifié ce transfert par des impératifs de sécurité, ces explications peinent à convaincre, poussant l'Association des clubs de football amateur du Cameroun (Acfac) à annoncer des poursuites judiciaires pour détournement de fonds.
L'attente d'une gouvernance exemplaire
L'implication de Samuel Eto'o dans ces affaires contraste avec les attentes des acteurs du football africain, qui espéraient voir les anciennes légendes du terrain instaurer une ère de transparence et de probité à la tête des instances dirigeantes. Alors que d'autres figures du football mondial appellent à une réforme structurelle pour redonner un droit de regard aux joueurs et aux supporters, la posture d'Eto'o est perçue par une partie de l'opinion comme un alignement sur les pratiques de l'appareil dirigeant actuel. La FIFA, par le biais de sa commission d'éthique, reste pour l'heure silencieuse sur les plaintes déposées au Cameroun, alimentant les critiques sur l'influence réelle du président de la FIFA au sein des organes de contrôle.