Le Soudan abat deux drones éthiopiens en deux jours : une escalade dans le conflit des généraux

Par Rédaction KUMBA 3 min de lecture 22 lectures
Le Soudan abat deux drones éthiopiens en deux jours : une escalade dans le conflit des généraux

Le ministère soudanais de la Défense a confirmé, lundi 24 août 2026, la destruction de deux drones stratégiques en provenance d’Éthiopie en moins de 48 heures, dans la région du Nil Bleu. Ces incidents surviennent alors que les tensions entre Khartoum et Addis-Abeba s’intensifient, dans un contexte de guerre civile où les alliances régionales et les technologies militaires redéfinissent les rapports de force.

Des drones lancés depuis une base éthiopienne sous contrôle des FSR

Selon les images diffusées par l’armée soudanaise, les deux drones abattus auraient été lancés depuis la base d’entraînement de Gumuz, située dans la région éthiopienne de Benishangul-Gumuz. Cette zone, frontalière avec le Soudan, est un bastion des Forces de soutien rapide (FSR), ces paramilitaires en guerre contre l’armée régulière depuis avril 2023. Les FSR, dirigés par Mohamed Hamdan Daglo, alias « Hemedti », utilisent cette région comme camp d’entraînement et de repli, aux côtés des Forces de Abdelaziz al-Hilu, un acteur clé du conflit au Nil Bleu.

Des accusations croisées entre Khartoum et Addis-Abeba

Le ministre soudanais des Affaires étrangères, Mohiédine Salem, a directement pointé du doigt l’Éthiopie, affirmant que « géographiquement, l’attaque du Nil Bleu n’a pu avoir lieu sans l’aide de l’Éthiopie ». Ces déclarations s’inscrivent dans une série d’accusations récurrentes : en mai 2026, Khartoum avait déjà imputé à Addis-Abeba une attaque de drones ayant frappé Khartoum, entraînant le rappel de son ambassadeur en Éthiopie. Les autorités soudanaises accusent également les Émirats arabes unis d’avoir ouvert un nouveau front au Nil Bleu pour distraire l’armée soudanaise, notamment dans le Kordofan, où les combats s’intensifient.

Une guerre des drones où technologie et alliances font la différence

L’armée soudanaise revendique une supériorité aérienne face aux FSR, qu’elle attribue à l’utilisation de drones turcs de dernière génération, plus rapides et performants, ainsi que de drones pakistanais. Récemment, des drones biélorusses de type Berkut-BM, des engins kamikazes, ont également été repérés dans ses rangs. En face, les FSR emploient des drones chinois, dont les numéros de série confirment leur provenance des Émirats arabes unis, selon les analyses militaires. Cette guerre technologique illustre l’internationalisation du conflit, où chaque camp s’appuie sur des soutiens extérieurs pour renforcer ses capacités militaires.

Un conflit qui s’étend et s’enlise

Depuis octobre 2025, les affrontements entre l’armée régulière et les FSR ravagent plusieurs régions du Soudan, notamment le Nil Bleu, le Darfour et les trois États du Kordofan. La région de Benishangul-Gumuz, où les drones ont été lancés, est devenue un enjeu stratégique, tant pour les FSR que pour leurs alliés éthiopiens. Alors que les combats s’intensifient et que les accusations mutuelles se multiplient, la question d’une escalade régionale se pose : l’Éthiopie, déjà engagée dans un conflit interne au Tigré, pourrait-elle être entraînée dans une confrontation directe avec le Soudan ?

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