Le sommet des BRICS qui s'ouvre à New Delhi place les dirigeants des onze pays membres face à des défis sécuritaires et économiques majeurs. Entre la volonté de renforcer la coopération au sein du bloc et les divergences profondes sur les conflits au Moyen-Orient et en Ukraine, cette rencontre constitue un test diplomatique crucial pour les économies émergentes.
Le rapprochement sino-indien sous haute surveillance
La visite du président chinois Xi Jinping en Inde, la première depuis 2019, marque une étape symbolique dans la normalisation des relations entre les deux géants asiatiques. Malgré l'accrochage militaire meurtrier de 2020, Pékin a exprimé sa volonté de renforcer la communication et la coopération avec New Delhi. Cette dynamique reste toutefois fragile, les deux puissances maintenant une présence militaire importante le long de leur frontière disputée de 3 500 kilomètres. Un entretien bilatéral entre Xi Jinping et le Premier ministre Narendra Modi est prévu pour tenter d'apaiser ces tensions persistantes.
L'impact des crises régionales sur l'énergie mondiale
Les répercussions des conflits au Moyen-Orient dominent l'agenda économique du sommet. Le blocage du détroit d'Ormuz par l'Iran, en réponse aux frappes sur son territoire, a provoqué une flambée des cours du pétrole, le baril de Brent dépassant désormais les 100 dollars. Cette situation fragilise les infrastructures et les systèmes financiers des pays membres. Le président iranien Massoud Pezeshkian a alerté sur le fait que les pressions militaires et politiques subies par son pays dépassent largement ses frontières, affectant directement la stabilité du commerce mondial.
Divergences au sein du bloc sur les conflits armés
Le sommet révèle une ligne de fracture nette entre les membres des BRICS concernant la gestion des crises internationales. Si la Russie et la Chine maintiennent leurs liens commerciaux avec l'Iran malgré les sanctions occidentales, d'autres membres comme les Émirats arabes unis ont pris leurs distances après avoir été visés par des missiles iraniens. Parallèlement, la question du conflit en Ukraine reste centrale : Narendra Modi a réitéré auprès de Vladimir Poutine son appel au dialogue et à la diplomatie. L'Inde, tout en conservant son alliance traditionnelle avec Moscou et en poursuivant ses importations de pétrole russe, continue de jouer un rôle d'intermédiaire prudent face aux ambitions russes en Europe.