Réunis lors du 18e sommet des BRICS à New Delhi, les dirigeants des pays membres ont adopté une déclaration commune appelant à une refonte des mécanismes de coopération internationale. Ce texte de 45 pages souligne l'ambition du bloc, qui représente désormais près de la moitié de la population mondiale, de peser davantage sur les enjeux de sécurité globale et de régulation économique.
Une position commune sur les tensions internationales
La déclaration de New Delhi met l'accent sur la résolution pacifique des conflits, en particulier au Moyen-Orient. Face à l'escalade des tensions, les États membres ont appelé à une retenue maximale et à la protection des infrastructures civiles. Le texte insiste sur le respect du droit international et la préservation de la sécurité nucléaire, privilégiant systématiquement la voie diplomatique et le dialogue aux interventions militaires.
Contestation des mesures protectionnistes
Le bloc a fermement condamné le recours aux mesures coercitives unilatérales, notamment les barrières tarifaires qui, selon les signataires, faussent les échanges commerciaux et pénalisent les économies en développement. En ciblant implicitement les politiques protectionnistes actuelles, les BRICS réaffirment leur attachement aux principes de la Charte des Nations Unies et plaident pour un système commercial mondial plus équitable et moins dépendant des décisions unilatérales.
Vers une autonomie des systèmes de paiement
Sur le plan financier, le sommet a marqué une étape décisive avec la volonté affichée de favoriser les règlements commerciaux en monnaies locales. La création d'une « BRICS Payment Task Force » (BPTF) vise à concevoir des solutions pratiques pour fluidifier les transactions entre pays membres. Cet outil est perçu comme un levier stratégique pour réduire la dépendance aux systèmes de paiement internationaux traditionnels et renforcer la souveraineté économique du groupe.
La place du Nigeria dans les échanges multilatéraux
En marge des travaux, le Nigeria a réitéré son engagement envers l'Organisation mondiale du commerce (OMC). Lors d'un entretien avec la directrice générale de l'institution, Ngozi Okonjo-Iweala, le vice-président nigérian Kashim Shettima a souligné que la prospérité nationale ne pouvait s'envisager en dehors de la communauté mondiale. Le pays entend profiter de ce sommet pour présenter ses opportunités d'investissement et promouvoir le rôle de la migration comme moteur d'innovation et de développement économique.