La neuvième édition de l'Agriculture Summit Africa (ASA), prévue les 15 et 16 septembre 2026 à Abuja, se fixe pour objectif de transformer le potentiel agricole du continent en une véritable puissance économique. Ce rassemblement stratégique, porté par Sterling Bank, vise à combler le fossé persistant entre les vastes terres arables disponibles et la dépendance actuelle de l'Afrique aux importations alimentaires.
Un levier de souveraineté et de croissance
Le sommet aborde un paradoxe structurel : bien que l'Afrique détienne environ 60 % des terres arables non cultivées au niveau mondial, elle consacre chaque année des dizaines de milliards de dollars à l'achat de denrées alimentaires. Pour les organisateurs, l'enjeu dépasse la simple production agricole. Il s'agit de faire de l'alimentation un moteur de création d'emplois, de commerce extérieur et de résilience climatique, tout en renforçant le poids géopolitique du continent sur la scène internationale.
Mobiliser les capitaux vers le terrain
L'engagement financier constitue l'un des piliers de cette initiative. Sterling Bank, qui a augmenté ses financements dans le secteur agricole de 39 % en 2025 pour atteindre 331,7 milliards de nairas, souligne la nécessité d'investir directement dans les maillons essentiels de la chaîne de valeur : agriculteurs, transformateurs et logisticiens. Cette approche vise à transformer le travail agricole, souvent perçu comme peu attractif, en une activité commerciale compétitive et génératrice de revenus stables.
Vers un écosystème intégré
La réussite de cette transformation repose sur une collaboration étroite entre les secteurs public et privé. Des institutions comme la Société financière internationale (IFC) insistent sur la nécessité de bâtir un écosystème complet incluant l'accès aux technologies, aux intrants de qualité et aux infrastructures de stockage. Le sommet ASA 2026 se veut une plateforme opérationnelle où les décideurs politiques, les investisseurs et les innovateurs pourront concrétiser des partenariats, en s'alignant notamment sur les objectifs de la déclaration de Kampala de l'Union africaine.
Une coalition multisectorielle
L'événement bénéficie du soutien d'un large réseau de partenaires, incluant des agences de développement, des entreprises technologiques et des organismes gouvernementaux. Cette mobilisation collective a pour but de transformer les priorités de développement en opportunités d'investissement tangibles. En favorisant les échanges directs entre les acteurs de la chaîne de valeur, le sommet cherche à passer d'une logique de gestion de crise à une dynamique d'entreprise et d'échelle, essentielle pour garantir la sécurité alimentaire à long terme.