Le seuil de 1,5°C devient inatteignable sans une réduction drastique des émissions mondiales d'ici 2030

Par Rédaction KUMBA 3 min de lecture 19 lectures
Le seuil de 1,5°C devient inatteignable sans une réduction drastique des émissions mondiales d'ici 2030

Le dernier rapport sur l'écart des émissions du Programme des Nations Unies pour l'environnement (PNUE) dresse un constat sans appel : le maintien du réchauffement planétaire sous la barre des 1,5°C est désormais jugé « imminent et inévitable ». Pour espérer revenir à ce seuil d'ici la fin du siècle, les États doivent impérativement réduire leurs émissions de gaz à effet de serre de 18 % d'ici 2030 et de 45 % d'ici 2035, par rapport aux niveaux de 2025.

Un dépassement critique des objectifs climatiques

Malgré les engagements pris dans le cadre de l'Accord de Paris, les politiques actuelles mènent la planète vers un réchauffement d'environ 2,8°C d'ici 2100. Le PNUE souligne que même avec une volonté politique maximale, le dépassement du seuil de 1,5°C est inéluctable en raison de l'accumulation historique des gaz à effet de serre. L'enjeu actuel n'est plus seulement d'éviter ce dépassement, mais de le limiter en intensité et en durée. Pour y parvenir, le rapport estime qu'il faudrait retirer environ 320 milliards de tonnes de dioxyde de carbone de l'atmosphère au cours de ce siècle, une solution technologique dont la faisabilité reste incertaine.

Impacts sanitaires et vulnérabilité du continent africain

Les conséquences de ce réchauffement sont déjà tangibles. L'année 2025 a été l'une des plus chaudes jamais enregistrées en Afrique, tandis que le phénomène El Niño menace de provoquer une insécurité alimentaire pour 50 millions de personnes. Les projections scientifiques sont alarmantes : le stress thermique pourrait entraîner 451 000 décès supplémentaires dans le monde entre juin 2026 et février 2027. Le Nigeria est particulièrement exposé, avec plus de 31 000 décès projetés sur cette période. À l'horizon 2050, des pays sahéliens comme le Niger et le Burkina Faso pourraient enregistrer des taux de mortalité liés à la chaleur dépassant les taux actuels de mortalité dus au paludisme sur le continent.

La nécessité d'une transformation énergétique radicale

Pour infléchir cette trajectoire, le PNUE identifie des leviers d'action précis : la production d'électricité à partir du charbon doit chuter d'au moins 75 % d'ici 2035, tandis que les émissions liées au transport routier et au méthane doivent être drastiquement réduites. Si des progrès sont notables, notamment avec le développement des énergies renouvelables qui ont surpassé le charbon dans la production électrique mondiale en 2025, la dynamique globale reste insuffisante. Le rapport rappelle une injustice fondamentale : les pays les moins avancés, majoritairement africains, ne produisent que 3 % des émissions mondiales, avec une moyenne de 1,5 tonne par habitant, contre 17,6 tonnes pour chaque citoyen américain.

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