Face aux obstacles persistants que rencontrent les personnes ayant purgé une peine, le Service pénitentiaire du Ghana (Ghana Prisons Service) préconise la mise en place d'une politique nationale de réinsertion. Cette initiative vise à transformer l'accompagnement des anciens détenus en impliquant activement l'État, le secteur privé et les communautés locales.
Lutter contre la stigmatisation et l'exclusion
Lors de la première Conférence nationale des anciens détenus, organisée le 4 novembre 2026 à Accra par la Crime Check Foundation, les autorités pénitentiaires ont souligné que la réhabilitation ne peut se limiter aux murs de la prison. Benedict Bob-Dery, directeur des opérations et de la gestion des établissements, a identifié la stigmatisation sociale, la discrimination et le manque d'accès à l'emploi comme les trois freins majeurs à une réintégration réussie. Selon lui, ces barrières empêchent les citoyens de reprendre une vie productive, ce qui nuit in fine à la sécurité publique en favorisant le risque de récidive.
Un appel à la responsabilité du secteur privé
Le Service pénitentiaire insiste sur la nécessité d'un changement de paradigme où le casier judiciaire ne constituerait plus un obstacle définitif à l'insertion professionnelle. Dans le cadre de la campagne « Employing the Returning Citizen » (Employer le citoyen de retour), les responsables appellent les entreprises et la société civile à offrir des opportunités concrètes. L'enjeu est de passer d'une vision purement sécuritaire de la détention à une approche globale incluant la réforme et la réintégration effective des individus au sein du tissu économique.
Vers une stratégie nationale coordonnée
L'institution pénitentiaire, représentée également par le président de son conseil, l'apôtre Alexander Nana Yaw Kumi-Larbi, promeut l'agenda « Think Prisons 360 Degrees ». Cette vision repose sur des partenariats multisectoriels et un soutien post-libération renforcé. Les témoignages recueillis lors de la conférence ont mis en lumière la réalité vécue par les anciens détenus, souvent confrontés à une exclusion systématique après leur sortie. Pour le Service pénitentiaire, l'adoption d'une politique nationale structurée est désormais indispensable pour garantir que la réinsertion ne soit plus une démarche isolée, mais un engagement collectif soutenu par des mesures publiques claires.