Le Socio-Economic Rights and Accountability Project (SERAP) a lancé un ultimatum de sept jours à la Commission électorale nationale indépendante (INEC) du Nigeria. L'organisation exige une reddition de comptes transparente sur plus de 126 milliards de nairas, des fonds publics alloués aux opérations électorales dont la gestion est aujourd'hui fortement contestée.
Des irrégularités financières pointées par l'audit national
Cette interpellation fait suite au rapport d'audit 2023 de l'Auditeur général de la Fédération, publié en août 2026, qui couvre les exercices 2022 et 2023. Les conclusions du rapport mettent en lumière des pratiques de gestion préoccupantes, notamment le paiement irrégulier de 112 milliards de nairas pour l'acquisition de matériel électoral sans appel d'offres concurrentiel ni certificat de non-objection. Plus grave encore, l'audit souligne l'absence de preuves matérielles attestant de la livraison effective des biens commandés, suggérant des risques de détournements massifs au sein de l'institution.
Contrats opaques et procédures contournées
Le rapport détaille une série d'anomalies structurelles : des contrats ont été scindés pour éviter les seuils de contrôle, tandis que des paiements ont été effectués auprès de prestataires dont la capacité opérationnelle et l'existence même restent invérifiables. Parmi les dépenses litigieuses figurent l'achat de véhicules de fonction pour plus d'un milliard de nairas sans mise en concurrence, ainsi que des versements à des cabinets d'audit pour des services dont la réalisation n'a pu être justifiée. Ces pratiques soulèvent des questions fondamentales sur le respect des lois nigérianes en matière de marchés publics et sur la probité des processus de passation de contrats.
Vers une saisine des autorités judiciaires
Le SERAP demande à l'INEC de transmettre l'ensemble de ces dossiers à la Commission des crimes économiques et financiers (EFCC) ainsi qu'à la Commission indépendante des pratiques de corruption (ICPC). L'objectif est double : identifier les responsables, qu'ils soient fonctionnaires ou prestataires privés, et engager le recouvrement des sommes indûment versées. L'organisation insiste sur le fait que les ressources électorales sont des biens publics dont l'usage doit être irréprochable pour garantir la confiance des citoyens dans le système démocratique.
Une exigence de transparence constitutionnelle
En l'absence de réponse satisfaisante sous huitaine, le SERAP a annoncé son intention d'engager des poursuites judiciaires pour contraindre l'INEC à la transparence. L'organisation rappelle que, selon la Constitution nigériane et les conventions internationales contre la corruption, les institutions publiques ont l'obligation de rendre compte de chaque naira dépensé. Ce point de tension souligne l'enjeu crucial de la redevabilité des organes de gestion électorale, garants de la légitimité des processus démocratiques dans le pays.