Le Sénégal a entamé une phase décisive pour la restructuration de sa dette publique, avec l'objectif de stabiliser son cadre macroéconomique. Lors des Assemblées annuelles du FMI et de la Banque mondiale, la directrice générale de l'institution financière, Kristalina Georgieva, a exprimé sa confiance quant à la capacité de Dakar à finaliser rapidement ces pourparlers avec ses créanciers.
Un processus aligné sur le Cadre commun du G20
La stratégie sénégalaise repose sur le Plan de traitement de la dette (PTDS), conçu pour répondre aux spécificités de son endettement. Le gouvernement, représenté par le directeur général des Financements et de la dette, Babacar Touré, s'est engagé à respecter les principes du Cadre commun du G20. Cette démarche vise à instaurer un calendrier prévisible et accéléré, tout en clarifiant les contributions nécessaires pour restaurer la viabilité financière du pays. Le FMI, qui a facilité une première rencontre entre les autorités sénégalaises et les créanciers le 6 octobre dernier, joue un rôle central dans la coordination de ces échanges.
Calendrier des échéances clés
Le calendrier fixé par les autorités sénégalaises est serré. Le mois de novembre 2026 est identifié comme une étape charnière, avec la tenue d'une réunion cruciale devant mener à l'approbation du programme par le Conseil d'administration du FMI. Ce volet s'accompagne de la mise en place d'une nouvelle Facilité élargie de crédit (FEC). Par la suite, l'État prévoit de conclure des accords de principe avec les Comités des créanciers officiels et le groupe ad hoc des détenteurs d'obligations en décembre 2026, pour une mise en œuvre effective des accords dès le début de l'année 2027.
Enjeux de viabilité budgétaire
La restructuration est une nécessité pour alléger le poids du service de la dette sur le budget national. Avec un stock de dette extérieure atteignant 18 300 milliards de FCFA — dont 8 500 milliards dus aux banques de développement, 5 440 milliards de dette commerciale et 4 369 milliards de dette bilatérale — l'enjeu est de dégager des marges de manœuvre budgétaires. L'objectif final est de réorienter ces ressources vers les investissements publics, notamment dans les secteurs sociaux prioritaires, tout en ramenant le service de la dette à des niveaux conformes aux normes internationales.